Une étude mesure l’efficacité de l’accompagnement des jeunes en insertion

L’accompagnement des jeunes en insertion dans le cadre du CIVIS au sein des missions locales a fait l’objet d’une étude de la DARES. Sujet d’actualité s’il en est, avec le démarrage des emplois d’avenir. Elle mériterait d’être connue pour le déploiement du dispositif.

L’étude a été présentée le 19 mars à Paris, au cours d’une rencontre « Chercheurs acteurs » à l’initiative de la Chaire ESS de l’Université de Marne-La -Vallée. Elle s’est intéressée à l’accompagnement spécifiques de jeunes non qualifiés de 18 à 25 ans entre 2005 et 2008 bénéficiant du Contrat d’insertion à la vie sociale (CIVIS), et à ses répercussions sur leur trajectoire d’insertion.

Le but de l’étude de la Dares : arriver à mesurer « l’effet net de l’accompagnement sur l’insertion des jeunes » en tenant compte de l’hétérogénéité de leurs parcours dans l’emploi et être en mesure d’apprécier si le CIVIS renforcé est plus utile que le CIVIS dans sa formule simple. En effet, le CIVIS propose à des jeunes non qualifiés d’être accompagnés personnellement (logement, santé, etc.) tout en étant orientés vers une qualification professionnelle. Une double approche sociale et professionnelle qui peut être « renforcée » pour des jeunes moins qualifiés, sans diplômes ou ayant fait une première année de CAP-BEP (niveau V bis), ou encore ayant étudié jusqu’à la deuxième année de CAP et de BEP ou bien s’étant arrêtés en classe de seconde ou première (Niveau 6) par davantage de rendez-vous avec le conseiller (la conseillère) en insertion sociale et professionnelle. Les bénéficiaires du CIVIS renforcé peuvent aussi renouveler leur contrat jusqu’à ce qu’ils arrivent à réaliser leur insertion professionnelle. En outre, le CIVIS, issu de la loi de cohésion sociale de 2005 fournit une allocation maximum à chaque jeune de 1 800 euros annuels

L’étude économétrique de la DARES, menée par Bernard Gomel du Centre d’étude pour l’emploi (CEE), de Sabina Issehnane de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et François Legendre de l’Université Paris Est-Créteil (UPEC), va s’employer à affiner les résultats statistiques issus des données informatiques de suivi de l’ensemble des jeunes ayant été en CIVIS, qui faisaient apparaître des résultats plus que paradoxaux « un faux paradoxe », indiquent les chercheurs puisque plus le jeune est suivi avec un accompagnement plus intense, moins bonne est son insertion professionnelle…

Quelle distance vis-à-vis de l’emploi ?

Les auteurs de l’étude vont bâtir une « mesure » qui prend en compte la distance des jeunes vis-à-vis de l’emploi et « capter les différences » entre les individus. Ainsi, un jeune au chômage inscrit dans le dispositif CIVIS sera plus éloigné de l’emploi qu’un jeune précaire et un CIVIS »allégé » sera plus efficace en termes d’insertion pour ce dernier « dont la distance à l’emploi est plus courte ». Plus encore, une fois étudié cette diversité des parcours, les résultats sont très différents des premiers constats issus des données brutes statistiques : « L’intensité de l’accompagnement a un effet positif sur l’insertion professionnelle du jeune. Cet effet est d’autant plus positif que l’accompagnement est intensif, toutes choses égales par ailleurs », indiquent les responsables de la chaire de l’ESS. Et on ne sera pas étonné que les auteurs de l’étude aient constaté que dès le troisième trimestre 2008, la crise a eu un impact négatif sur l’insertion des jeunes de l’ordre de 4 % alors qu’un accompagnement intensif d’environ trois entretiens lors du trimestre précédent aurait pu contrebalancer, puisque son effet est de l’ordre de 4, 6 % ». Dernière observation : l’étude de la DARES permet ainsi d’établir les facteurs les plus défavorables à l’insertion : le faible niveau de formation initiale, l’hébergement précaire et pour les femmes, la charge des enfants. Cette étude est très instructive et les responsables de la chaire de l’ESS de l’Université de Marne la Vallée estiment qu’il serait plus que bienvenu que ceux qui mettent en place les emplois d’avenir s’en emparent.

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Pour télécharger l’étude complète :

fj.legendre.free.fr