UNA conteste le report de la Loi Grand âge et autonomie

09/01/2020 Communiqués de presse
S'engager en santé et QVT

Dans un article, publié le 5 janvier, sur le report de la loi Grand âge et autonomie, le JDD révèle que Matignon « pensait initialement trouver des gisements d’économies avec la réforme des retraites en faisant travailler les Français plus longtemps pour financer la prise en charge de l’autonomie ».

Pour le Président de UNA, Guillaume Quercy, « cette manière de « déshabiller Pierre pour habiller Paul » est inacceptable. Le bon raisonnement consiste plutôt à construire une offre d’accompagnement solide et accessible à tous dans la perspective de carrières plus longues et pénibles, puisque la réforme des retraites prend malheureusement cette orientation ».

« C’est pourquoi à UNA, nous demandons au gouvernement de prendre ses responsabilités avec une réforme qui englobe la problématique du vieillissement dans son ensemble et consacre le principe de Solidarité nationale pour l’accompagnement de la perte d’autonomie », conclut-il.

Une nouvelle mobilisation des aides à domicile #ABoutDeSouffle

Comme cet automne, le Conseil d’administration de UNA a choisi de soutenir la mobilisation de son réseau, les 9 et 11 janvier, au moyen d’outils de communication.

En effet, depuis le 8 octobre 2019, les aides à domicile se mobilisent pour faire entendre leur voix face à un gouvernement qui vante les mérites de l’aide à domicile mais fait le choix d’ignorer le secteur. Une mobilisation très souvent soutenue par les employeurs, tant il est devenu contradictoire de proposer des services d’accompagnement et de soins, en n’ayant pas la possibilité de rémunérer dignement les intervenants à domicile.

Pour rappel, il faut 18 ans d’ancienneté pour qu’une aide à domicile soit rémunérée au-dessus du SMIC, alors même que ces métiers souffrent de la plus grande sinistralité, tous secteurs d’activité confondus (deux fois plus d’accidents du travail que dans le BTP)1.

Le gouvernement pense pouvoir jouer la montre…

Les concertations et les rapports s’enchaînent, le temps passe et l’enveloppe initialement prévue pour le grand âge a été fléchée vers d’autres secteurs. L’aide à domicile est la grande oubliée des politiques publiques des dernières décennies. Alors que son rôle est devenu indispensable auprès des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des familles, les pouvoirs publics restent sourds aux alertes des principaux acteurs.

Comme le souligne le JDD du 5 janvier, 10 milliards d’euros supplémentaires sont, pourtant, nécessaires d’ici 2030 pour relever le défi du vieillissement de la population française.

… alors qu’il y a urgence à investir dans la réponse domiciliaire

Des déserts de l’accompagnement à la perte d’autonomie existent déjà en France. Faute d’attractivité des métiers, les services n’ont d’autre choix que de refuser 10 % des demandes d’accompagnement2. Cette inégalité territoriale, liée à des politiques tarifaires hétérogènes de la part des Conseils départementaux – des tarifs le plus souvent en-deçà du coût de revient du service – a été soulignée dans le rapport Libault.
IL Y A URGENCE à refondre le système de tarification autour d’un tarif national socle et d’une nouvelle forme de gouvernance.

Lors de la remise du rapport de Dominique Libault, le 28 mars 2019, Agnès Buzyn s’était engagée à des mesures en faveur de l’attractivité des métiers effectives dès début 2020. Malgré le constat alarmant dressé par le rapport de Myriam El Khomri, publié le 29 octobre 2019, il n’en a rien été. Pire, le secteur de l’aide à domicile est encore sonné par la loi de finances 2019, tant celle-ci est passée à côté de l’enjeu avec 50 M€ seulement octroyés au secteur.
IL Y A URGENCE à revaloriser les salaires des aides à domicile. L’Union syndicale de Branche du domicile (USB Domicile) des services à but non lucratif estime la refonte totale des grilles salariales à 600 M€. A noter : pour être opérationnelle, une telle revalorisation passe nécessairement par une tarification plus élevée des services.

Enfin, il est temps de lier la réponse à la crise des Urgences avec la future loi grand âge et autonomie. Les services de l’aide à domicile sont la clé pour atteindre l’objectif fixé par le gouvernement de zéro passage par les urgences pour les personnes âgées d’ici cinq ans.
Il Y A URGENCE à décloisonner la réponse à la perte d’autonomie et à doter les services d’aide à domicile de véritables moyens pour délester tant l’hôpital que les services de secours.

Le communiqué complet