Services à la personne : un salarié sur dix touché par un accident du travail

28/09/2017 Focus
Prévention et santé au travail

Si les chiffres des accidents du travail atteignent leur niveau le plus bas en 2016, notamment sous l’effet d’une baisse confirmée dans le bâtiment, certains secteurs sont touchés par une hausse continue de la sinistralité. Au premier rang : les services à la personne.

Avec 33,8 accidents du travail pour 1000 salariés, les accidents du travail atteignent un niveau historiquement bas en 2016, selon la branche Accidents du travail et maladie professionnelle de la Caisse nationale d’assurance maladie. Cette tendance rassurante, cache toutefois un malaise grandissant dans certains secteurs dont la sinistralité ne cesse d’augmenter. C’est le cas, tout particulièrement, de l’aide et des services à la personne. Un secteur où les associations sont nombreuses et confrontées à la concurrence du secteur privé depuis une dizaine d’années. Le secteur présente un taux d’accident du travail trois fois supérieur à la moyenne nationale avec 96,4 accidents de travail pour 1000 salariés. Un chiffre en hausse de 2 % en 2016. Concrètement, un salarié sur dix a été touché en 2016.

Hausse des accidents, qualité de vie au travail en baisse

La dégradation de la situation n’est pas nouvelle dans les services à la personne. L’Assurance maladie note qu’en 10 ans, la sinistralité a progressé de 45 %. Un chiffre qu’on peut mettre en parallèle à ceux de la qualité de vie au travail dans l’aide à domicile (aide aux personnes dépendantes âgées ou handicapées) qui représente environ 60 % de ce secteur et où les associations sont majoritaires. Selon le dernier baromètre de la qualité de vie au travail dans l’ESS, le salarié de l’aide à domicile perçoit une dégradation de leur qualité de vie au travail. Celle-ci était de 6,4/10 en 2013 pour les salariés des associations du secteur et régresse à 5,9/10 en 2017 (cf. étude QVT sur la branche aide à domicile, publiée récemment par la mutuelle Chorum). Les salariés en contact direct avec le public sont les plus touchés par cette dégradation. 56 % d’entre eux décrivent une pression permanente et l’impossibilité de souffler comme vecteurs de dégradation .

Troubles musculosquelettiques : 87 % des maladies professionnelles.

Cette légère dégradation de la qualité de vie au travail dans l’aide à domicile peut contribuer à la hausse de la sinistralité. D’ailleurs la première cause d’accident, tous secteurs confondus (43 %) selon l’Assurance maladie, reste la manutention manuelle, c’est-à-dire le port de charges lourdes. Selon l’étude QVT sectorielle, de plus en plus de salariés constatent la difficulté physique de leur activité (65 % contre 55 % en 2013) et ressentent une gêne, voire des douleurs articulaires dues à ces manutentions répétées (notamment porter ou déplacer la personne dépendante) dans des conditions rarement optimales lorsqu’on exerce au domicile du particulier (59 % contre 47 % en 2013).

Toutes professions confondues, les troubles musculosquelettiques (TMS) s’installent aujourd’hui comme la maladie professionnelle numéro un pour l’ensemble des salariés. 87 % des diagnostics en 2016 constataient un TMS contre 7 % pour les maladies à l’amiante, deuxième cause de maladie professionnelle.