Nolann : continuer son service civique coûte que coûte

02/04/2020 Focus
Observation de l'ESS

Nolann, en service civique à Angers pour l’association Unis-Cité n’a plus que le téléphone pour se lier… Habitué à passer du temps avec sept personnes âgées isolées depuis octobre 2019, il a stoppé ses visites, mais continue de prendre des nouvelles chaque semaine. Un rendez-vous que ses « vieux amis » ne voudraient pas manquer.

 

Nolann Nicolas, 22 ans, titulaire d’un BTS d’Assistance en gestion, passe son temps au téléphone…. De la part d’un volontaire en service civique (voir encadré), cela pourrait étonner certains. Mais en période de confinement…

Volontaire et non-voyant

Les interlocuteurs de Nolann ont dépassé les 70 ans, voire plus. Cela fait six mois qu’ils se fréquentent dans le cadre de sa mission pour l’association Unis-Cité. Mais depuis le 26 mars, les visites sont proscrites et il ne reste que le téléphone. Isolés, parfois en situation de précarité économique, ces personnes trouvent dans les liens tissés avec le jeune homme un peu de réconfort, de la compagnie, des moments agréables. « Il y a Martine (les prénoms ont été changés), plus de 80 ans avec laquelle on promène son chien dès qu’il faut beau, Thérèse avec qui on fait des jeux et de l’informatique… », raconte le jeune homme. Un détail, Nolann est non-voyant. « Ils comprennent vite que je suis autonome et qu’il est souvent possible de s’adapter… j’ai des jeux  en braille, par exemple. Pour les ballades, c’est le volontaire qui est en binôme avec moi qui me guide de la voix ».

Garder le lien

Avec le confinement, finies les promenades et les parties de Mille bornes. « Tout de suite, notre coordinatrice sur le projet Inter-généreux, nous a dit qu’on trouverait une solution pour continuer notre mission. » L’association Unis-Cité a, en effet, été missionnée par la Ville d’Angers, ses Centre communaux d’action sociale (CCAS)  et d’autres partenaires pour assurer ces visites de volontaires auprès de personnes âgées isolées. Le téléphone est alors devenu l’outil essentiel de Nolann. Il a organisé son agenda afin de privilégier des rendez-vous à jour et heure fixe. « Nous gardons le lien ainsi. Nous discutons, on se donne les nouvelles. Nous parlons bien sûr de l’actualité et surtout on s’assure que tout va bien, qu’ils ne manquent de rien. »

Acuité sociale

Les liens développés par Nolann avec toutes ces personnes sont un vrai plus au moment où seul le téléphone reste pour se parler. En dehors de tenir compagnie, qui est mission principale, cette proximité tissée au fil des mois permet aussi de détecter plus finement l’état de forme physique ou psychologique des personnes. En cas de problème détecté, le volontaire se doit de le faire remonter à sa coordinatrice de mission qui jugera de la nécessité de prévenir le mandataire qu’est le CCAS. Un plus capital lorsque le confinement s’ajoute, parfois, à des situations de grande précarité ou de logement insalubre.

On reste en contact ?

La mission de Nolann s’achèvera avec l’arrivée de l’été. Il se lancera alors dans son projet professionnel pour lequel il a été accompagné durant son service civique. « Les transports en commun m’ont permis, avec mon handicap, d’être autonome dans mes déplacements. J’aimerai bien trouver un poste chez Irigo », le service mobilité de la métropole angevine.

Impossible de savoir à cette heure si le confinement sera, alors, levé et s’il aura pu revoir ses « vieux amis ». En tout cas, il a leur numéro…

Le service civique ? C’est un jeune qui consacre huit mois de sa vie à une mission d’intérêt général avant de reprendre ses études ou se lancer dans le grand bain de la vie professionnelle. Nolann fait parti de ces dizaines de milliers de jeunes volontaires qui touchent une indemnité entre 580 et 680 euros par mois au service de l’intérêt général. Nolann, qui avait vécu un an dans une résidence intergénérationnelle, a trouvé sa mission suite à un affichage de l’association Unis-Cité à l’Institut Monteclair, un institut pour déficients visuels où Nolann était suivi.