La négociation sur le marché du travail : deuxième round

Parmi les grands chantiers sociaux du gouvernement, il y a la négociation entre partenaires sociaux sur le marché du travail. François Hollande souhaite « un compromis historique ». En jeu ? Notamment, la sécurisation des emplois précaires. Les positions des partenaires sociaux.

« Patronat et syndicats se retrouvent ce jeudi 11 octobre pour une deuxième réelle séance de négociation sur le marché du travail. Au menu : les contrats précaires, les procédures de licenciements économiques, les accords compétitivité/emploi – même si, officiellement cette appellation a disparu – le rôle des institutions représentatives du personnel, etc. Patronat et syndicats ont jusqu’au 31 décembre pour trouver un accord sur ces sujets. Sinon, le gouvernement reprendra la main et pourra légiférer comme bon lui semble », relate La Tribune.fr. De son côté, « François Chérèque, avait déjà présenté, note Les Echos du 3 octobre les objectifs de sa centrale dans les « négociations sur l’emploi et le travail. Il a souligné que la CFDT se fixe « trois objectifs », cités dans un ordre soigneusement choisi. D’abord : « la lutte contre l’emploi précaire ». Le Cédétiste a pris le contre pied de la présidente du Medef Laurence Parisot qui avait déclaré n’avoir pas l’intention de parler de la taxation des contrats courts dans la négociation sur l’emploi et vouloir d’abord des garanties sur la flexibilité. En seconde position, devant l’accompagnement des salariés licenciés, il a placé les mutations économiques et la sauvegarde de l’emploi ».

Mais, relève La Tribune.fr, côté syndical, on voit déjà, sur certains sujets, se reconstituer une ligne de fracture assez traditionnelle entre, d’une part, le « camp réformiste » (CFDT, CFTC et CFE-CGC) qui accepte, par exemple, sous certaines conditions, d’évoquer la question des accords emploi/compétitivité et, d’autre part, « le clan des durs » (CGT et FO) qui considère qu’il y a déjà suffisamment de flexibilité possible en France ». La CGT proposant par exemple « toujours de bâtir au niveau national un système de « Sécurité sociale professionnelle » qui permettrait à un salarié victime d’une restructuration de garder pendant X temps son contrat de travail avec son ancien employeur, de manière à bénéficier d’une protection sociale, durant sa période de recherche d’emploi ou de formation ».

Ce n’est évidemment pas le point de vue du Medef, dont la présidente Laurence Parisot a évoqué ses attentes quant à la reforme du marché du travail dans une interview publiée dans Libération du 11 octobre où elle indique : « Notre objectif est de parvenir à une baisse du chômage en augmentant les créations d’emplois. Il faut donc apaiser la peur d’embaucher que ressentent de nombreux chefs d’entreprise. Il faut aussi supprimer l’incertitude juridique qui entoure les procédures de licenciements collectifs et réduire la durée des plans sociaux qui s’étalent parfois sur plusieurs années… Il faut trouver les bonnes modalités pour adapter la durée du travail et la masse salariale en échange du maintien des effectifs lorsque l’entreprise fait face à une baisse d’activité significative. Cela en accord avec les représentants du personnel, et en attendant que la conjoncture s’améliore [ce qui correspond aux accords compétitivité emploi] ; « mais en échange que serait prêt à accorder aux salariés, le Medef ?, interrogent les journalistes de Libération. « Nous-mêmes, pourrions proposer de développer encore la portabilité des droits des salariés d’une entreprise à l’autre, d’améliorer les dispositifs de formation permettant de s’adapter ou d’apprendre un nouveau métier, et de favoriser les mécanismes de reconversion de bassins d’emplois ou de sites industriels. Nous sommes également prêts à nous pencher sur le dossier des contrats courts (CDD, Intérim) ».