Dares : 69 000 chômeurs supplémentaires dus à la diminution des contrats aidés

19/11/2019 Brèves
Observation de l'ESS

Le nombre de contrat aidé a baissé de 46 % en 2018, les taux d’insertion ont augmenté de un à cinq points. L’effet à court terme sur l’emploi est négatif avec, selon la Dares, 69000 chômeurs imputables à la diminution en nombre des contrats aidés.

69 000 chômeurs supplémentaires du fait de la réduction du nombre de contrats aidés en 2018. Cette évaluation provient d’une note la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Ce chiffre est établi à partir d’une évaluation de la baisse des embauches (94 000) dues à la réforme du dispositif (passer des Contrats uniques d’insertion/emplois d’avenir aux Parcours emploi compétence) et la hausse du nombre de demandeurs d’emplois qui s’en est suivie : 69 000 emplois.

« Ces effets sont évalués à très court terme. À moyen terme, il faut tenir compte de l’insertion professionnelle après la fin du contrat aidé. Pour les personnes sorties de contrat aidé entre juin 2017 et mai 2018, le taux d’emploi 6 mois après a augmenté par rapport aux années précédentes (focus 1). Néanmoins, cette hausse reflète pour partie de meilleures conditions sur le marché du travail, indépendamment de l’insertion spécifiquement liée aux contrats aidés », explique la note.

Moins 46 % d’embauche en contrat aidé

Au moment du clash des contrats aidés, à l’automne 2017, le débat s’était très vite enclenché sur la précipitation d’une décision du gouvernement, sans avoir pensé le dispositif de remplacement. La propostion des Parcours emplois compétences n’est arrivé qu’avec le Rapport Borello de janvier 2018. Des associations se sont retrouvées en difficulté faute de capacité à embaucher. Les statistiques officielles montrent l’impact sur l’emploi des personnes, déjà fragiles sur le marché du travail. Au total ce sont 133 900 contrats aidés qui ont été signés en 2018 (dont 121 400 PEC), contre 260 000 en 2017. Une baisse de 46 %.

Promesse de mieux former

L’obligation de formation, renforcée avec les PEC semble être suivie d’effet. Pour l’heure, la Dares n’a pu évalué que les intentions des recruteurs, mais celles-ci démontrent que le message a été compris : « les engagements à réaliser certains types de formation ont progressé avec la mise en place des PEC en 2018 et les exigences ont été renforcées en la matière pour ce dispositif. Ainsi, pour 14 % des PEC, les employeurs affichent l’intention de faire suivre à leur bénéficiaire une formation qualifiante, quand cela ne concernait que 8 % des CUI-CAE débutés en 2017, et 75 % des PEC prévoient l’acquisition de nouvelles compétences, contre 66 % des CUI-CAE en 2017. »

De meilleurs résultats

Le taux de retour à l’emploi durable augmente lui de 1 à 5 selon le type de contrat par rapport à 2017. 53 % des CUI-CAE signés en 2017 étaient en emploi six mois après la fin de leur contrat. Selon Lisa Mourot, de la Dares : « plusieurs raisons peuvent expliquer cette progression ». La hausse des créations d’emplois s’est poursuivie en 2018, dans un contexte de baisse du chômage. D’autre part, le publics qui bénéficiaient déjà d’un bon taux de réinsertion (les plus de 50  ans et les personnes allant jusqu’au terme de leur contrat », ont augmenté dans les effectifs des contrats aidés.