Daniel : bénévole en mode confiné !

25/03/2020 Focus
Observation de l'ESS

Derrière les masques #02 : dès le 11 mars, en pleine crise épidémique, le Réseau APA activait une plateforme téléphonique pour contacter les milliers de bénéficiaires de son service d’aide à domicile. Une solidarité bien rodée puisque cette plateforme est active à chaque canicule… 100 bénévoles assurent les appels dont Daniel Rebert.

 

Face à la crise sanitaire, le Fil CIDES change son format et alimentera quotidiennement une chronique qui raconte le quotidien des salariés, bénévoles de l’ESS qui agissent pour la santé, la solidarité et le lien social. Les premiers épisodes de #Derrièrelesmasques s’intéressent aux équipes du Réseau APA, groupe associatif sanitaire et social situé dans le Haut-Rhin, à l’épicentre de l’épidémie en France.

A 82 ans, Daniel Rebert affiche 15 ans de bénévolat au compteur du Réseau APA, un groupe associatif haut-rhinois qui gère des accueils de jour, des Ephad, du logement intergénérationnel, des services d’aide à domicile sur l’ensemble du Grand-Est et la Bourgogne. « J’ai souhaité être aidant avant d’être aidé », résume-t-il. Depuis le 11 mars, il aligne les coups de fil. Une trentaine par matinée, un jour sur deux, pour contacter les bénéficiaires haut-rhinois de l’aide à domicile.

Première mission : prendre des nouvelles et annoncer l’annulation ou le maintien de l’intervention. La moitié des 1500 aides à domicile du Réseau APA sont confinées chez elles dans ce département qui a connu la plus forte crise épidémique. Seules les interventions essentielles ont été maintenues, soit les soins, la toilette et l’aide au repas de personnes isolées et incapables de se déplacer seules : « C’est toujours un peu difficile pour une personne âgée d’entendre qu’elle n’est pas prioritaire, mais elle comprend aussi qu’il est préférable d’accumuler un peu de poussière que de faire venir le virus chez soi. » Ils étaient une trentaine de bénévoles à se relayer au démarrage de la plateforme. Ils sont une centaine actuellement. Depuis l’annonce du confinement, ils appellent depuis chez eux en coordination avec la responsable du bénévolat.

Répondre aux besoins

La force de cette plateforme est aussi d’être capable de faire du cas par cas. « Une femme me dit d’accord pour l’annulation du ménage, mais… elle est en chaise roulante. Elle n’a pas d’enfant et sa nièce qui s’occupe d’elle s’interdit de la visiter car elle est malade. Il fallait trouver une solution… Nous lui avons proposé de l’intégrer au service de portage de repas. Bien sûr elle s’est inquiétée de ce que ça lui coûterait. On ne peut pas lui répondre je vais me renseigner et je vous rappelle demain… Alors on met en place le service de suite et on se dit que pour les premiers jours, ce n’est pas une question », raconte Daniel.

Solidarité, toujours prêt !

Après avoir bouclé un premier tour, la plateforme continue de maintenir le lien avec ceux qui le souhaitent, soit presque tout le fichier. L’association a aussi mis en place un numéro d’appel. « Ça demande une bonne organisation logistique, relève Daniel, mais nous avons l’habitude. Ce service nous l’activons à chaque période de canicule depuis des années ». Une solidarité quasi routinière donc pour le Réseau APA qui a toujours cultivé l’engagement bénévole (ils ont un millier répertoriés) aux côté des équipes salariés. « Le rôle des bénévoles est, habituellement, d’animer des clubs locaux qui proposent toute sorte d’activités sous l’angle de la prévention », explique Matthieu Domas, le directeur général du groupe associatif.

Dans cette période, le confinement empêche de se réunir et réduit drastiquement les visites à nos aînés : « Nous avons d’abord à écouter les personnes », résume Daniel « beaucoup pleurent d’inquiétude quand on les appelle car ils sont seuls. » Le Réseau APA travaille à étendre sa Plateforme à l’ensemble des zones où elle est présente dans le Grand-Est.

 


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