Contrats aidés : 200 000 emplois aidés réservés au secteur non-marchand en 2018

Les 200 000 emplois aidés annoncés pour 2018 par Edouard Philippe confirme la tendance à la baisse de ces contrats engagée depuis deux ans. Leur taux de financement sera aussi en baisse, avec une prise en charge moyenne de 50 % du salaire. Les organisations de l’ESS continuent d’appeler à la concertation sur cette question.

 

Selon les déclarations du Premier ministre Edouard Philippe, les jeunes en insertion et les chômeurs de longue durée seront prioritaires pour accéder à l’un des 200 000 contrats aidés prévus pour 2018. Les administrations de l’emploi sur les territoires cibleront tout particulièrement deux secteurs : l’urgence sanitaire et sociale (les associations), « où le volume des emplois aidés sera maintenu », selon le Premier ministre, l’accompagnement des enfants handicapés en milieu scolaire (éducation nationale),  l’outre-mer et les communes rurales. Ces annonces faites à l’issue d’une rencontre avec les acteurs de la lutte contre la pauvreté semblent donc laisser de côté des secteurs pourvoyeurs d’emplois aidés, tels que le secteur culturel, les associations sportives ou encore les acteurs du lien social. Les entreprises privées sont, pour leur part, excluent totalement du champ des emplois aidés. En 2017, sur les 320 000 contrats aidés financés, environ 230 000 étaient affectés au secteur non-marchand qui les répartissait entre les associations les services publics et les collectivités locales.

Le Premier ministre a ajouté que ces contrats aidés comporteront « une exigence de formation », aujourd’hui « trop souvent insuffisante ». « Le Plan d’investissement dans les compétences  [annoncé récemment par Emmanuel Macron] sera mobilisé avec notamment des formations qualifiantes ou concernant les compétences de base. Tout contrat aidé comportera véritablement pendant sa durée, ou le cas échéant, à son issue, un volet formation », a-t-il dit. Le Plan d’investissement s’élève à 57 milliards d’euros, dont 20 pour la formation professionnelle.

L’appel renouvelé des acteurs à la concertation

L’Union des employeurs de l’économie sociale (Udes) qualifie « d’inacceptable » ces annonces dans un communiqué et réitère sa demande d’une « concertation nationale rapide avec le Premier ministre pour une vraie réforme de l’emploi aidé et des politiques d’emploi dans le secteur associatif, donnant le temps aux associations de faire évoluer leur modèle ». Le Mouves, qui représente les entrepreneurs sociaux appelle, lui-aussi à la concertation et à la réforme de fond mais demande au préalable un « moratoire » sur la décision du gouvernement. Pour l’heure, la seule ouverture proposée par Muriel Pénicaud, ministre du Travail est celle d’une mission sur les emplois aidés confiée à Jean-Marc Borello qui dirige le Groupe SOS. Elle aura pour objectif de faire des propositions sur les « dispositifs actuels à renforcer ou modifier » d’ici la fin 2018.