"Comment créer 100 000 parcours d'insertion si chaque virgule nécessite le soutien de 50 parlementaires"

10/09/2020 Communiqués de presse
Observation de l'ESS

La Fédération des entreprises d’insertion appelle dans un communiqué à « accélérer la mise en œuvre du Pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique. Le 10 septembre 2019, le Haut-Commissaire à l’Inclusion et à l’engagement des entreprises, Thibaut Guilluy, remettait à la ministre du Travail, en présence du Président de la République, ce Pacte d’ambition IAE. Un an après, l’heure n’est pas à la célébration, mais à la mobilisation pour accélérer sa mise en œuvre.

Il y a un an, l’objectif était clair et partagé : déployer rapidement et efficacement les trente mesures du pacte pour créer 100 000 parcours supplémentaires dans l’IAE.

Le budget 2020 de l’IAE a été à la hauteur des enjeux, avec pour la première fois dans l’histoire, des crédits alloués au secteur dépassant le milliard d’euros. La plateforme de l’inclusion se déploie progressivement sur tous les territoires pour faciliter le recrutement. Le volontarisme politique et les discours sont là.

Et pourtant, où en sommes-nous vraiment sur les sujets clés ?

Le contrat de professionnalisation expérimental inclusion attend un décret depuis deux ans, la suppression juridique de l’agrément au profit de la prescription ouverte à des partenaires et aux structures d’insertion commence simplement son examen au Parlement, les outils juridiques pour développer la commande publique sont « en discussion avec les administrations et les cabinets ministériels »…

Jamais le secteur n’était parvenu à élaborer collectivement une feuille de route aussi ambitieuse. A l’heure de sa mise en œuvre, chaque mesure, chaque sous-mesure, est l’objet de discussions, d’arbitrages, d’interpellations… Comment créer 100 000 parcours si chaque virgule nécessite le soutien de 50 parlementaires, chaque alinéa des palabres interminables avec ou entre administrations centrales ?

Un pacte d’ambition qui peine à décoller

Le Pacte d’ambition patine surtout sur l’essentiel : le développement économique. Développer de l’emploi d’insertion ne relève ni de la décision publique ni de la magie, mais nécessite des clients et des marchés. A date, à croissance et périmètre constant, il faudra plus de trente-cinq ans pour atteindre l’objectif fixé pour 2022 de 100 000 emplois supplémentaires.

Cependant, il n’est pas trop tard, à condition de monter en puissance très vite !

La cohésion sociale et l’inclusion des plus fragiles ont besoin d’un Etat entrepreneur à leurs côtés qui ait le courage de bousculer un peu les cadres, de prendre des risques.

La gestion de la crise COVID a permis de simplifier, de légiférer, d’engager des plans de grande envergure et nous a démontré que l’Etat peut être agile et impactant quand la situation l’exige. Le Pacte d’ambition est l’une des solutions pour endiguer la crise sociale qui démarre, elle exige une réaction forte et qui fasse fi des lenteurs et blocages habituels.

C’est ce défi que nous sommes prêts à relever. Nous avons participé, proposé, mobilisé. C’est désormais à l’Etat d’être au rendez-vous, en remplissant sa part du contrat et en priorisant son action au développement des achats inclusifs pour mettre l’indispensable carburant dans le moteur du Pacte.