Entretien avec Benoît Hamon : la Qualité de Vie au Travail pourrait figurer dans une déclaration de principes

Lors de la journée de restitution des résultats du baromètre consacré à la QVT des salariés et dirigeants de l’ESS, CHORUM a interviewé Benoît Hamon. Témoignant de l’intérêt qu’il porte à ces questions, il a précisé sa volonté de voir figurer dans la loi ESS une déclaration de principes et son souhait qu’y soient intégrés des engagements en faveur d’une bonne qualité de vie au travail… Entretien.


Benoît Hamon – lundi 3 février 2014 – Espace du Centenaire, Paris

Des enseignements très positifs en raison du projet des entreprises de l’ESS
Benoît Hamon, ministre délégué, chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation : « Le premier enseignement, c’est le taux de satisfaction des salariés de l’ESS à l’égard de leur entreprise, 80 % – ambiance, conditions – qui est très élevé. Le projet associatif, mutualiste, coopératif, implique toutes les parties prenantes à la décision, dont les salariés. Ce taux de satisfaction qui singularise l’ESS et ses entreprises par rapport à l’économie classique est incontestablement un bon point pour les employeurs de l’économie sociale et solidaire. »

Une déclaration de principes qui intégrerait un engagement sur la qualité de vie au travail 
Benoît Hamon : « Je voudrais que les employeurs de l’ESS retrouvent leur rôle de locomotive dans l’amélioration des relations sociales, du dialogue social et des conditions de vie au travail. Je trouve légitime que les acteurs de l’ESS s’emparent de cette question et qu’ils se dotent d’une déclaration de principe [dans la loi ESS, NDLR] qui aille au-delà de la gouvernance démocratique et de la non-lucrativité. Une déclaration qui dise qu’un employeur social et solidaire vise à un haut niveau de relations sociales et à un haut niveau de qualité de vie au travail. C’est cette discussion à laquelle j’invite les employeurs de l’ESS, au nom d’un principe simple : dans économie sociale et solidaire, il y a une promesse sociale et une promesse solidaire. Je pense qu’au-delà des déclarations d’amour, tout le monde a envie d’avoir des preuves d’amour, et cette déclaration de principe en serait une belle. « 

Les pouvoirs publics doivent faire un effort pour prendre en compte l’inquiétude des salariés suscitée par les fusions 
Benoît Hamon : « A force de financer les associations non pas par la subvention mais par de la mise en concurrence, on assiste à une disparition progressive de certaines d’entre elles et à des fusions à marche forcée. Grâce à la loi sur l’ESS, nous aurons une définition légale de la subvention, ce qui évitera sans doute que la part de financement des associations soit principalement liée à des appels d’offre et à la mise en concurrence. On évitera ainsi des fusions non désirées. Il y a des fusions qui peuvent être le résultat d’une demande des pouvoirs publics qui poussent à des regroupements. Je pense qu’il faut que ce soient les pouvoirs publics qui s’améliorent et prennent beaucoup mieux en compte cette réalité du stress et l’inquiétude que crée une fusion pour bon nombre de salariés sur leur propre avenir. Il existe des dispositifs d’accompagnement, les grandes entreprises les mettent en place, c’est dommage que l’Etat ne le fasse pas plus quand il pousse à des regroupements afin que ces fusions ne se traduisent pas par davantage de souffrance et de stress au travail. Je crois qu’il y a incontestablement un effort à faire du côté des pouvoirs publics dans l’identification du problème et dans les processus d’accompagnement en cas de regroupements. »