Vers une reconnaissance du volontariat en Europe

18/04/2017 Vu d'Europe
Observation et promotion de l'ESS

En France comme dans les pays voisins, des hommes et des femmes choisissent de donner de leur temps en s’engageant dans des associations de façon bénévole. A l’instar du compte d’engagement citoyen en France, d’autres pays européens cherchent à valoriser cet engagement sur le plan professionnel, jusqu’au projet EuroVIP à l’échelle européenne.

Déjà encouragé par le développement d’initiatives comme le service civique, le volontariat et plus globalement l’engagement citoyen deviennent une « matière » valorisable sur le marché du travail au travers d’instruments tels que le Portfolio Eurovip européen ou le Compte d’Engagement Citoyen créé dans le cadre de la loi Travail.

Inspiré du ProfilPASS , qui avait été créé pour valoriser les expériences acquises dans la vie privée comme professionnel,  EuroVIP – European Volunteer Inclusion Program – vient de rendre public un outil d’auto-évaluation  se concentrant sur la valorisation du volontariat: le Portfolio des expériences volontaires et bénévoles . Cet instrument disponible gratuitement en ligne vise à aider des bénévoles à prendre conscience des compétences acquises dans le cadre d’un volontariat et de la manière de les mettre en valeur afin de candidater pour une formation ou un emploi. Ce document permet de mettre des mots sur sa propre expérience et de s’autoévaluer à travers 3 chapitres : relater ses expérience, faire ressortir ses qualités personnelles, planifier les étapes futures.

Prochainement testé sur 180 volontaires en France, en Grande-Bretagne et au Royaume-Uni, le Portfolio EuroVIP est parallèlement présenté au monde associatif et à de nombreuses entreprises afin d’inciter les employeurs ou responsables d’associations à utiliser et reconnaître cet outil . Mené par 5 partenaires européens dont Pour La Solidarité – PLS, ce Portfolio vient élargir le champ d’action du Youthpass , l’outil de reconnaissance des expériences acquises réservé aux jeunes ayant participé aux programmes « Youth in action » d’Erasmus+.

Des formes d’engagement multiples à valoriser en Europe

Quels types d’expériences peuvent bénéficier du portfolio EuroVIP ? Si l’engagement personnel dans des associations peut tout à fait être valorisé par cet outil, de nombreux états proposent des formes de volontariat encadré, reconnu et parfois rémunéré au service de l’acquisition d’expérience et du développement personnel et citoyen des jeunes. Trois types d’engagement sont à noter.

Le service civil peut être considéré comme l’alternative au service militaire obligatoire et existe en Autriche, en Suisse et en Finlande. De plus en plus privilégié par les jeunes, le caractère obligatoire ne s’applique qu’aux hommes même si les femmes peuvent s’y porter volontaire.

Le service civique est lui volontaire, indemnisé et institutionnalisé. En France, il fête ses 7 ans cette année. Sur cette période, plus de 200 000 jeunes de 16 à 25 ans ont pu effectuer des missions d’intérêt général de 6 à 12 mois. Si la popularité du Service Civique s’accroît d’année en année, sa reconnaissance partielle face aux employeurs reste un frein, une limite que tente de contrer le projet EuroVIP. Cette forme d’engagement existe aussi au Luxembourg, en Allemagne et en Italie.

Dans d’autres pays, les associations prennent le relai de l’état pour proposer des services citoyens comme c’est le cas au Royaume-Uni, en Lituanie, en Hongrie, en République tchèque ou encore en Belgique avec  la Plateforme pour le service citoyen ou l’organisation de jeunesse Solidarcité.

Enfin, dans le but de proposer ce type de service à tous les jeunes citoyens européens, l’Union européenne a mis en place le Service Volontaire Européen qui permet à des jeunes de partir effectuer une mission d’intérêt public à l’étranger, en Europe comme ailleurs, pour quelques semaines à quelques mois.

Faire reconnaître l’expérience acquise à l’échelle française

En France aussi les bénévoles peuvent désormais bénéficier d’une reconnaissance, dans le cadre professionnel, de leur activité. Mis en place à partir du 1er janvier 2017, le Compte d’Engagement Citoyen (CEC) créé dans le cadre de la loi Travail permet de comptabiliser l’implication bénévole sous forme d’heures de formation professionnelles. Intégré dans le Compte Personnel d’Activité, le CEC ne s’adresse malheureusement pas à l’intégralité des bénévoles mais seulement aux volontaires en service civique, membres des organes décisionnels d’associations, encadrants d’autres bénévoles, réservistes ou maîtres d’apprentissage.

En déclarant au moins 200 heures de bénévolat en une année, il est donc possible d’obtenir 20 heures de formations professionnelles sur son Compte Personnel de Formation, permettant d’officialiser le caractère formateur et les compétences acquises lors d’un volontariat.  Ce Compte Personnel de Formation recense les formations suivies par un individu ainsi que le nombre d’heures de formation auxquelles cet individu a droit, calculé en fonction de son temps de travail. Ces heures pourront être utilisées par l’individu pour être formé en vue d’acquérir un diplôme, une qualification ou pour renforcer ses compétences.

Vecteurs d’expériences, de confrontations avec le milieu professionnel et de réflexions citoyennes, ces formes d’engagement doivent pouvoir être reconnues comme tels. S’engageant petit à petit dans cette voie, les États membres comme l’Union européenne cherche à créer des instruments en ce sens, sans dénaturer l’idée première de générosité et de solidarité présente à l’origine de ces volontariats.