Une étude Unifaf/Chorum analyse le traitement de l'inaptitude médicale au travail

19/04/2017 Brèves
Prévention et santé au travail

Chaque année en France, plus d’un million de salariés sont concernés par des avis de restrictions d’aptitude et des demandes d’aménagement de poste, notifiés par les médecins du travail. L’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications d’Unifaf- en partenariat avec Chorum – a mené une étude afin de mieux comprendre l’inaptitude médicale et ses conséquences.

Globalement, l’inaptitude médicale concerne un millions de salariés par an et 100 000 parmi eux sont, chaque année, déclarés inaptes à leur poste. Pour autant, il n’existe aucun chiffre national consolidé du nombre d’avis d’inaptitude. Si certaines Direccte ou branches professionnelles diligentent des études, elles n’offrent qu’une vision parcellaire de l’ampleur du phénomène

L’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications d’Unifaf  – en partenariat avec Chorum – a mené une étude afin de mieux comprendre l’inaptitude médicale et ses conséquences. Elle a été conduite en juillet 2015 au sein de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif, par entretiens téléphoniques auprès de 40 personnes dont la situation a abouti à un licenciement suite à une inaptitude déclarée.

Récit de 40 salariés licenciés pour inaptitude

En se concentrant sur ces 40 parcours difficiles, l’objectif était d’analyser l’enchaînement des étapes, afin de repérer les incompréhensions, les occasions ratées, les « acteurs oubliés » qui auraient pu donner un autre sens au parcours. Les personnes interrogées ont toutes été concernées par une maladie qui a conduit à des arrêts de travail répétés et/ou de longue durée. L’enquête montre que le temps des 1ères alertes se situe au moment de l’apparition des problèmes de santé. Qu’il s’agisse de la crainte de perdre son emploi ou encore de la culpabilité liée aux absences, le salarié a beaucoup de difficulté à parler de ses problèmes de santé avec ses collègues ou sa hiérarchie. Un isolement encore accentué par une reprise du travail qui reste encore insuffisamment anticipée.

Vient ensuite le défi du maintien dans l’emploi. En effet, les aménagements du travail qui concernent en majorité un mi-temps thérapeutique limité à une durée de 12 mois posent la question du long terme. A ceci s’ajoute un manque d’informations important des salariés sur les aides et structures pouvant les accompagner : sur les 40 personnes interrogées, seules 5 les ont citées comme étant intervenues à un moment ou un autre dans leur parcours.

Enfin, vient le temps de l’inaptitude et du licenciement. Bien souvent cette décision intervient au bout d’un long processus qui peut durer plusieurs années. Face à cette annonce, trois types de réactions prédominent :

  • Les « soulagés » : surtout les postes les moins qualifiés, pour lesquels la perte de revenus est relativement faible (absence « d’enjeu financier »), ou dont l’âge est très proche de la retraite. Pour ces personnes, la déclaration d’inaptitude peut être vécue comme un moment de soulagement.
  • Les « incompris » : ces personnes décrivent l’espoir qu’elles ont entretenu afin que leur employeur puisse trouver une solution de reclassement. Elles le justifient par des arguments de « mérite ».
  • Les « égarés » : ils ont subi une situation au travers de laquelle ils ne semblent avoir eu aucune maîtrise. Ils ont été surpris par l’annonce de l’inaptitude et ne semblaient pas en mesurer les enjeux.

Pour lire l’enquête : cliquez ici