Une enquête régionale Cress-FA rend compte de l’état du financement de l’ESS

A l’initiative des Chambres régionales de l’ESS et de France active, les besoins de financements de structures ont été auscultés dans trois régions. Les résultats méticuleux nous renseignent sur les nouvelles donnes financières dans lesquelles se déploient ces entreprises de l’ESS.  Une nouvelle enquête est en route. 

L’enquête a été menée en 2013 par les Cress et France active (FA) en Limousin, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Rhône-Alpes auprès d’associations (78 %), de coopératives (16 %), et pour 6 % auprès de sociétés commerciales (entreprises d’insertion), de mutuelles et de fondations (plus faiblement pour ces deux dernières).

Les activités de ces structures recouvrent les services à la personne, le développement économique rural, l’environnement, l’animation culturelle et socio-culturelle. Les questionnaires envoyés aux dirigeants représentent 1, 1 % des effectifs régionaux et ce sont les entreprises de l’ESS les « plus dynamiques », qui ont fait l’objet de l’enquête. 343 dirigeants d’entreprises ont répondu.

Les fonds de l’Etat et européens manquent

Que disent les résultats ? Pour les financements publics, une majorité de personnes interrogées disent avoir eu à faire à une baisse des ressources et plus précisément 53 % d’entre elles indiquent qu’il s’agit d’une diminution significative de la part de l’un des financeurs. En cause : les financements de l’Etat et européens. « Ces évolutions traduisent les difficultés dans lesquelles se trouvent de nombreuses structures de l’ESS », commentent les auteurs de l’enquête.

Le retrait de l’Etat est davantage ressenti en Limousin et en Rhône-Alpes que dans le Nord-Pas-de-Calais. En revanche, dans les trois régions étudiées, les financements des intercommunalités sont à la hausse.

Entre visibilité et mode de financements aléatoires

Les modes de financements publics se traduisent par des subventions via des conventions pluri-annuelles d’objectifs (CPO) « qui permettent aux structures d’avoir une visibilité à moyen terme ». 41 % des structures interrogées ont contractualisé une CPO (moins que dans l’enquête 2012, menée par la CPCA et France active). Autre cas de figure, la commande dans le cadre de marchés publics à laquelle les pouvoirs publics ont de plus en plus recours. 154 structures (40 %) de l’échantillon ont répondu à un appel d’offres public. Seulement 83 d’entre elles ont obtenu une commande publique. Un mode contractuel « qui freine l’initiative associative », observe l’étude.

Des financements hybrides ?

Quelles sont les autres sources de financement ? L’étude comptabilise le bénévolat comme ressources avec 10 000 euros par structure pour 20 % des entreprises qui ont répondu ; il y a également la participation des bénéficiaires, ainsi les recettes liées à l’activité représentent une ressource majeure pour un tiers des répondants globalement et un quart pour les associations. L’enquête s’est également penchée sur les dons et le mécénat : 16 % des associations interrogées, ont pu en bénéficier. C’est-à-dire bien peu.

Quant aux cotisations, elles  ne semblent pas être importantes pour le financement puisque presque la moitié des associations de l’échantillon ont renseigné cette rubrique du questionnaire. Dans le sport et loisir, au contraire, elles apportent un complément de financement non négligeable.

La trésorerie : un exercice acrobatique

D’autres points éclairent la gestion quotidienne des ces entreprises de l’ESS. Les questions de trésorerie sont problématiques pour les coopératives, mais également pour les associations. Comment y font-elles face ? Dans les associations (plus de la moitié sont concernées), on règle les factures en retard, et on utilise dans un deuxième temps, le découvert bancaire… Puis elles tentent d’échelonner leur dette sociale ou de réduire leurs charges, dont la masse salariale… Au final, elles sont très peu nombreuses à utiliser la possibilité d’avoir des apports en fonds propres (5 %).

Pour les investissements, les associations recourent en premier lieu à « un panachage » entre subventions publiques d’investissement (65 %) ou privées (44 %) et leurs ressources propres (58 %).

Cette enquête très complète réalisée en Limousin, Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais des Cress et France active, en partenariat avec Chorum, le CNCRES, les DLA, se poursuit aujourd’hui en PACA.

Plus d’information : vous pouvez télécharger l’enquête

Pour répondre à la nouvelle enquête en Paca, dont les résultats seront connus à la fin de l’année, se rendre sur : www.sphinxonline.net