Un rapport sur le sexisme au travail fait état d’une situation alarmante

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, un rapport sur le sexisme au travail a été remis à Marisol Touraine, Réalisé par le Conseil supérieur sur l’égalité professionnelle, cette enquête menée en 2013 auprès de 15 000 salarié(e)s sur les relations entre les femmes et les hommes au travail met au jour un fort sentiment de sexisme au travail. Il est accablant.

Un sexisme ordinaire

80 % des femmes estiment « qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes ». Un sentiment partagé par 56 % des hommes. Si seulement 42 % des femmes disent avoir entendu des compliments sur leur tenue ou leur physique, qui les mettent mal à l’aise, 80 % ont été témoins de blagues sur les femmes et, pour la moitié d’entre elles, en avoir été la cible.

Répercussions professionnelles

90 % des femmes interrogées considèrent qu’il est plus facile pour un homme de « faire carrière ». L’articulation des temps de vie est l’objet de remarques culpabilisantes pour 50 % d’entre elles et 40 % des femmes qui ont des responsabilités de management considèrent que l’on attend d’elles « des comportements managériaux spécifiques ». Plus avant encore, 93 % des femmes estiment que « ces attitudes peuvent amoindrir leur sentiment d’efficacité personnelles ». Dont elles ne font pas part à leur supérieur hiérarchique (9 % seulement), ni aux représentants syndicaux (4 %).

Au final, indiquent les conclusions du rapport : ce fort sentiment de sexisme au travail « fonctionne comme un redoutable instrument d’exclusion des femmes de la sphère professionnelle et leur signifie qu’elles ne sont pas à leur place ».

Des préconisations pour les entreprises

Parmi les 35 préconisations du rapport, on retiendra tout particulièrement celles concernant les partenaires sociaux et les directions des ressources humaines : inciter les partenaires sociaux à intégrer dans leurs enquêtes les questions relatives aux relations entre femmes et hommes ; introduire dans la notion de qualité de vie au travail les questions relatives au sexisme ; recommander aux employeurs de former l’ensemble des salarié-e-s à la question du sexisme et notamment les managers et les dirigeants ; inciter les employeurs à créer des groupes de discussion mixte sur ce sujet et réfléchir à des modes organisationnels qui en découlent ; recenser les éléments de comportements sexistes et rappeler la compétence du Défenseur des droits en matière d’agissement sexiste.

Le rapport demande aussi des changements dans le Code du travail. La ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine n’a pas dit non et « va relayer auprès du ministère du Travail ».

Pour plus d’information, on peut télécharger le rapport « Le sexisme dans le monde du travail. Entre déni et réalité  » sur le site du Conseil supérieur de l’Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes : femmes.gouv.fr