Santé au travail : la Commission souhaite accompagner des PME face à l'évolution des enjeux

06/09/2017 Vu d'Europe
Prévention et santé au travail

Alors que la Commission européenne insuffle une véritable dynamique sur le sujet depuis plusieurs décennies, elle sortait en début d’année une communication en matière de santé et sécurité au travail. Ce document se penche tout particulièrement sur la situation des PMEs et la modernisation des enjeux liés à la SST.

La Commission s’est à de nombreuses reprises penchée sur la santé et la sécurité au travail (SST) en ayant déjà voté plus de 25 directives en la matière. Des résultats positifs ont été depuis mesurés : une baisse de 10% des accidents ou maladies liés au travail depuis le milieu des années 2000, des gouvernements nationaux transposant les directives et allant même parfois plus loin ou encore une reconnaissance de ce sujet de plus en plus large dans les entreprises pour des raisons de bien-être mais aussi de productivité : un euro investi dans la SST représenterait un gain de deux euros en retour. À l’inverse, les accidents et maladies liées au travail représenterait pour l’UE une dépense de 476 milliards d’euros par année, un coût qui pourrait se réduire si les mesures de prévention se démocratisaient.

Intimement lié au marché du travail et à sa conjoncture, ses directives doivent sans cesse se voir réadapter en fonction des évolutions des formes d’emploi. En plus de vouloir moderniser les législations existantes et d’accorder une attention particulière à la lutte contre les cancers professionnels , la Commission propose dans cette communication  :

  • Aider les petites et moyennes entreprises à mettre en place une stratégie de SST
  • Prendre en compte les risques psychosociaux en augmentation
  • Adapter les entreprises à l’augmentation des travailleurs seniors

Accompagner les PME

De nombreuses études le montrent : si la plupart des grandes entreprises ont les capacités financières, matérielles et humaines pour mettre en place des mesures favorisant la SST, ce n’est pas toujours le cas des moyennes et petites qui représentent pourtant 93% des entreprises dans l’Union européenne. Ainsi, alors que 96% des grandes sociétés déclarent évaluer les risques en leur sein de façon régulière, ce n’est que le cas de 69% des plus petites.

Pourtant, ce sont dans ces structures que les risques d’accidents ou de maladies sont les plus grands et ce sont elles qui auront le plus de difficultés à gérer un.e travailleur.se malade ou accidenté.e : peu de possibilité de remplacer la personne rapidement, une perte de productivité et de gain se faisant ressentir, des coûts administratifs lourds…

Afin de remédier à ce manque de moyens, l’UE encourage les États membres à proposer des mesures d’accompagnement envers les PMEs pour que celles-ci puissent proposer un niveau de protection à leur travailleur.se.s équivalent à toute autre structure.

La Commission a récemment publié un guide retraçant les grandes étapes vers l’évaluation des risques  au sein d’une organisation, passant par une formation efficace couplée à un investissement dans des mesures préventives en amont, le dicton « mieux vaut prévenir que guérir » prend tout son sens.

Afin de rendre ce processus accessible à tous gratuitement, l’Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail a créé l’outil en ligne OiRA Online interactive Risk Assessment – proposant plus d’une centaine d’outils gratuits d’évaluation de risques adaptés à tous types de structures et de secteurs.

Prendre en compte les risques psychosociaux

Les accidents et maladies physiques ne sont pas les seuls à devoir être pris en compte lorsque l’on parle de SST. De plus en plus, les problèmes psychosociaux liés notamment au stress touchent les travailleur.se.s : plus de la moitié déclareraient que le stress est quelque chose de commun dans son environnement de travail quand 4 sur 10 s’accordent à dire que ces risques sont peu ou mal gérés par l’entreprise. Les chiffres traduisent une grande perte pour les employeur.se.s : environ la moitié des absences sont liées au stress tandis qu’il multiplie par 5 le risque d’accidents physiques et réduit largement la productivité au travail.

L’Agence européenne pour la SST propose un guide en ligne de gestion du stress et des risques psychosociaux au travail. Ce document détaille les facteurs et les conséquences du stress tout en donnant un éclairage juridique sur la question et en détaillant ce qui peut être mis en place par l’employeur.se pour y remédier.

S’adapter au vieillissement de la force de travail

À travers cette communication, la Commission a insisté particulièrement sur la diversité des personnes actives, que ce soit en termes de genre, d’origine ou d’âge. La Commission pointe donc le curseur vers des mesures de SST prenant en compte les différences et besoins spécifiques de chacun et chacune.

Le vieillissement de la population est un sujet crucial pour le Vieux Continent. Avec l’augmentation des personnes âgées de plus de 60 ans et l’estimation d’un quart de travailleurs seniors à l’horizon 2030, les entreprises n’ont plus d’autre choix que de s’adapter en conséquence.

En parallèle d’une analyse des enjeux liés aux travailleurs seniors , l’Agence européenne sur la SST a lancé une grande campagne sur le sujet intitulé « Être bien sur les lieux de travail quel que soit l’âge » mettant en valeur plusieurs études de cas dans l’Union européenne ainsi que des conseils pour intégrer le facteur « âge » dans les politiques d’entreprises et de SST : formation continue, adaptation du lieu de travail, mesures de réadaptation ou de retour à l’emploi… Cette campagne se clôturera les 21 et 22 novembre prochain par un sommet européen  sur le sujet.

Qu’importe les enjeux abordés, les maîtres mots pour implanter une bonne politique de santé et sécurité au travail et minimiser au maximum les risques associés restent les mêmes : anticipation des problèmes, prévention efficace, sensibilisation constante. N’hésitez pas à participer fin octobre à la semaine européenne de la sécurité et de la santé au travail qui aura lieu cette année à Bilbao en Espagne.