Risques Psychosociaux dans l'ESS : mieux comprendre pour agir

28/01/2016 Focus
Prévention et santé au travail

Comment lutter efficacement contre les facteurs de « RPS » ? Au-delà de l’identification de la problématique au sein de sa structure, un travail de prévention passe nécessairement par un engagement collectif et un dialogue structuré avec les salariés et leurs représentants. La Mutuelle Chorum vient de publier le premier guide complet sur le sujet afin de donner les clés pour piloter la prévention.

Burn out, stress, surcharge de travail… Si ces mots font écho à l’actualité, c’est sans doute parce que les risques psychosociaux sont aujourd’hui une réalité impossible à ignorer dans l’ESS comme ailleurs. La dégradation globale du rapport au travail dans l’ESS est révélée par un taux d’absentéisme en hausse depuis plusieurs années (4,3% en 2014 contre 3,9% en 2012). 55% des salariés et 73% des dirigeants du secteur déclarent d’ailleurs se sentir constamment sous pression. En cause notamment, les relations avec les usagers, mais aussi le renforcement des contraintes budgétaires qui touchent les conditions de réalisation de son travail..

Risques psychosociaux ou « RPS » : de quoi parle-t-on ?

Travailler implique de répondre à des exigences et à des contraintes, tout en ayant à faire face à des imprévus. Les tensions entre exigences, contraintes et aléas sont inévitables. Elles n’empêchent pas d’être satisfait de son travail tant que le salarié trouve des marges de manœuvres lui permettant de faire des compromis entre ce qu’on lui demande de faire, les attentes des bénéficiaires et ce qu’il souhaite faire. Par contre, si ces marges de manœuvre n’existent pas ou que le salarié estime subir des injonctions paradoxales dès qu’il se sent débordé, le sentiment d’incapacité à faire face crée une situation de risque. Les risques psychosociaux sont liés à six grands facteurs : les exigences du travail ou émotionnelles, l’autonomie, les relations sociales, les conflits de valeurs, l’insécurité de l’emploi.

La prévention débute en balayant les idées reçues

Prévenir les risques psychosociaux relève d’« un engagement collectif, qui nécessite de sortir d’une vision culpabilisante réduisant les RPS à des dysfonctionnements et de s’appuyer sur un dialogue structuré avec les salariés et avec leurs représentants », explique Emmanuelle Paradis, chef de projets Prévention et santé au travail chez Chorum qui a coordonné la réalisation du premier référentiel dédié aux acteurs de l’ESS sur le sujet. Ce référentiel, « Les risques psychosociaux dans l’ESS, Piloter la prévention », s’emploie notamment à démonter les idées reçues telles que l’existence d’un « bon stress ». « Il n’existe pas, pas plus que le mauvais stress d’ailleurs. Le stress est une réaction physiologique de défense face à une situation de tension qu’on n’arrive pas à gérer émotionnellement. L’excitation liée à la réalisation de quelque chose de nouveau ou d’important n’est pas du stress », résume Emmanuelle Paradis.

Un guide méthodologique pour acquérir des repères

L’ouvrage de référence de 180 pages, rédigé par les experts de CIDES, conjugue éclairage méthodologique, exemples et pistes d’action. C’est le premier et le plus complet sur le sujet. Le guide aborde des aspects très concrets, comme le pilotage de la prévention au niveau d’un siège associatif, d’un établissement ou même d’un service. Nourri de nombreuses expérimentations menées sur le terrain, il se veut un outil pour les dirigeants souhaitant améliorer la qualité de vie au travail et lutter contre l’absentéisme lié à ces risques. Pour Emmanuelle Paradis, « le constat […] est clair : c’est possible… et ça fonctionne ! »