Portrait social de la France : 6 trajectoires emploi et santé

Dans le « Portrait social de la France 2013 » de l’Insee qui vient d’être publié, un dossier est consacré à l’emploi aux conditions de travail et  à la santé des 30-50 ans. Ces travaux ont porté sur un échantillon de 4 600 personnes qui ont été interrogées d’abord en 2006, puis en 2010. L’étude de l’Insee établit six grands types de trajectoires de 30-50 ans qui témoignent avec pertinence de la diversité des situations face à l’emploi, au travail et à la santé.


Les « abrités » 38 % des personnes enquêtées appartiennent à la classe des « abrités », ce qui signifie qu’elles ont de bonnes conditions de travail (83 % en 2006 et 74 % « en 2010). Ces « abrités » ont très peu connu le travail de nuit, de travaux répétitifs, physiquement exigeants, etc. Ce sont surtout des cadres et des professions intermédiaires et en y compte 49 % des femmes. 
Les « instables » (13 %) sont souvent au chômage, 52 % d’entre eux étaient encore dans cette situation en 2010… et ont eu des périodes d’activités courtes. Il s’agit de la catégorie la plus jeune (âge médian de 38 ans) et féminine (71 %). Si leur état de santé est meilleur que celui de l’ensemble du panel de l’étude, ils déclarent néanmoins avoir« un état de santé altéré ». 

Les « exposés peu affectés » (28 %) sont des travailleurs exposés à de mauvaises conditions de travail, notamment des contraintes horaires (travail de nuit, travail en équipes, etc.) et un travail physiquement exigeant. Leur état de santé n’est pas mauvais mais il s’est dégradé, notamment avec l’apparition de troubles musculo-squelettiques qui peuvent les limiter dans l’exécution de leur travail. Il s’agit surtout d’artisans et d’agriculteurs. Dans cette classe, les hommes sont majoritaires (63 %) et occupent plus souvent que la moyenne des postes d’artisans ou d’agriculteurs. 

Les « exposés en bonne voie »  représentent 8 % du panel. De qui s’agit-il ? De personnes qui avaient connu de mauvaises conditions de travail affectant leur santé. Et qui grâce à̀ une plus forte mobilité professionnelle, une plus grande autonomie et des exigences au travail et des contraintes organisationnelles moins fortes en 2010 ont réussi à aller mieux particulièrement sur le plan mental. 

Les « exposés en mauvaise voie » (7 %), ont connu une dégradation de leur condition de travail entre 2006 et 2010 (risques psychosociaux en forte hausse et une santé mentale très dégradée). « Leur niveau médian d’exposition aux risques professionnels, déjà élevé en 2006, augmente de 37 % entre 2006 et 2010 (+ 8 % pour l’ensemble du panel). 

Les « usés » (7 % des personnes du panel). Ils  sont en emploi pour les deux tiers d’entre eux en 2006 et 2010 en connaissant de mauvaises conditions de travail.  Les raisons de cette usure ? Une carrière pour moitié exposée à des pénibilités physiques. Ils déclarent être limités dans leur activité (76 %) avec une santé mentale un peu plus dégradée que la moyenne. 


Pour télécharger le « Portrait social de la France 2013 », www.insee.fr