Paysage associatif, les premiers résultats annoncés confirment de profondes mutations

Viviane Tchernonog, chercheure au CNRS –Centre d’économie de la Sorbonne, présentait hier, le 27 juin, lors de la conférence « Associations, subventions, collectivités, mode d’emploi » initiée par la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron, en avant première du livre à paraître en fin d’année sur le « paysage associatif » (2011-2012)[1] un certain nombre de données tout à fait instructives sur la situation du financement des associations, entre subventions, commandes publiques et appels à la participation des usagers. Des résultats qui dessinent de nouveaux contours du modèle économique des associations. Lesquelles s’en inquiètent et alertent depuis un moment les pouvoirs publics.

Les principales données présentées, issues de l’enquête « Paysage associatif » qui comprenait 90 questions et à laquelle 8 000 associations ont pris part, sont :

Une baisse du poids des communes dans le financement public dans un contexte de privatisation ;

Une diminution entre 2005 et 2012 de la fréquence des subventions publiques. On passe de 69 % à 61 % ;

Une augmentation de la commande publique. On passe de 7 % à 23 %. « La montée en charge des collectivités territoriales dans le financement du secteur associatif contribue (entre autres) à cette évolution ;

Les subventions publiques représentaient plus du tiers du financement total des associations en 2005. Désormais, les commandes publiques occupent un poids comparable dans le budget du secteur 24 et 25 % ;

Les associations humanitaires d’action sociale et de santé ont un budget constitué majoritairement de financement public à hauteur de 61 % ; et dans ce budget, les commandes publiques représentent 38 % ;

Dans les associations sportives, récréatives et de loisirs, les financements privés représentent 70 % du budget global ; l’apport des usagers est de 40 % ainsi que les cotisations des membres qui s’élèvent à 26 % du budget ;

Les jeunes associations créées depuis 2006, qui représentent 23 % du nombre d’associations au total ne perçoivent que 4 % des subventions publiques ;

Les grands bénéficiaires des subventions publiques sont le secteur médico-social avec 45 % de ces dernières.

– 74 % des commandes publiques sont concentrées dans l’action sociale et la santé et 11 % dans l’éducation. « Ces deux secteurs apparaissent les seuls à être en mesure d’accéder à la commande publique.

Les financements publics subventions et commandes sont principalement destinés aux associations employeuses : les quelque 183 000 employeuses, qui représentent 14 % du nombre total d’associations perçoivent 91 % des subventions publiques et 95 % des commandes publiques.

Les subventions publiques sont essentiellement concentrées dans les grandes associations 2 % des associations – environ 27 000 associations – perçoivent 71 % des subventions publiques, en moyenne 360 000 euros. Leurs subventions sont en général reconduites.

Les associations de taille moyenne se trouvent dans une situation beaucoup plus délicate. Les subventions publiques leur sont nécessaires et « elles ne disposent souvent pas des moyens nécessaires pour participer aux appels d’offre ou accéder aux commandes publiques. Elles en ont été particulièrement fragilisées ».

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[1] : La mutuelle Chorum soutient cette enquête.