Les entreprises d’insertion affrontent des situations budgétaires difficiles

L’année 2013 sera délicate pour l’emploi dans les entreprises d’insertion et les entreprises de travail temporaire d’insertion. Elles craignent qu’on leur demande de faire plus avec des aides qui n’ont pas vraiment augmenté depuis dix ans. Un rapport de l’IGAS/IGF sur le financement du secteur doit être prochainement publié.

La question clé pour plus de 1 000 entreprises d’insertion (EI) et entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) qui emploient aujourd’hui 48 000 personnes, dont 80 % étaient auparavant exclues depuis longtemps du marché du travail, est comment poursuivre leur mission sociale de réinsertion ? L’aide au poste de 9 600 euros est la même depuis dix ans tout comme le numerus clausus de création de postes annuels qui s’élève à 14 500. « La subvention pour le poste n’a pas du tout suivi le coût du travail qui a augmenté de 40 %, commente Olivier Dupuis, secrétaire général du Comité national des entreprises d’insertion (CNEI). Aujourd’hui, 45 % de nos adhérents connaissent une situation de déficit. Les bénéfices économiques ne suffisent plus à colmater la non revalorisation de la subvention au poste et, de plus on constate une lassitude, voire de l’énervement chez certains chefs d’entreprise qui pourrait se traduire par des disparitions d’entreprises ».

Pour faire face à la non revalorisation de l’aide, les pouvoirs publics ont depuis longtemps exhorté les entreprises d’insertion à monter des partenariats et à faire en sorte qu’elles se développent absolument. « Ce qui a été fait, assure Olivier Dupuis, mais cette vision ne correspond pas à nos choix stratégiques. Car pousser trop loin des logiques de croissance interne nous éloigne du territoire et dénature notre modèle ».

Une rallonge supplémentaire pour le PLF 2013

La dotation initiale du budget consacrée à l’insertion par l’activité économique (Associations intermédiaires et ateliers et chantiers d’insertion compris), s’élevait dans le projet de loi de Finances 2013 à 197 millions d’euros. Au mois de novembre, le secteur a pu se faire entendre auprès de députés et 10 millions d’euros supplémentaires ont été accordés précisément pour les EI et les ETTI à la fois pour l’aide au poste et l’augmentation de postes subventionnés. Même si l’effort du gouvernement est salué par le CNEI, il devrait permettre, dans un premier temps, aux EI et ETTI de faire face aux difficultés qu’elles rencontrent, ce dernier estime que le montant reste insuffisant, et « attend des mesures plus conséquentes pour 2013 ». Il demande 60 millions d’euros supplémentaires pour que la « mission sociale de ces entreprises soient financées au juste coût ».

La mission IGAS/IGF apportera-elles des réponses ? « Ce n’est pas certain que les travaux de la mission sur le financement de l’IAE auxquels nous avons concouru apportent des solutions financières, craint le secrétaire général du CNEI, la consigne du gouvernement c’est peut-être de nous demander de « faire plus avec le même montant ». Il est probable qu’en 2013, on soit obligé de bricoler ». Il semble même que les 10 millions d’euros qui ont été prévus pour cette année soit entendu par les ministères comme une cagnotte pour 2014… C’est dire ! Alors que le CNEI assure qu’il est possible et souhaitable de voir l’activité des EI et ETTI plus que tripler en cinq ans et qu’embaucher 150 000 personnes d’ici 2017 est envisageable si la dotation est totalement revue.

Plus d’information sur le site du CNEI : www.cnei.org

Pour en savoir plus sur les chiffres de l’IAE, voir le site de la DARES qui vient de publier une étude sur le secteur en 2010 : http://travail-emploi.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques

CEI et ETTI : Chiffres et tendances

Les entreprises d’insertion et entreprises de travail temporaire d’insertion, qui emploient pendant 24 mois des personnes en grande difficulté pour les remettre ensuite sur le chemin de l’emploi dans des entreprises classiques, ont créé, depuis 10 ans, 100 000 emplois durables. Et la crise ne semble pas, aujourd’hui vraiment les affecter (hormis les entreprises de travail temporaire d’insertion), elles affichent un développement d’activité assez conséquent : « Avec une moyenne de 10 % de taux de croissance, elles s’en sortent bien, fait remarquer Olivier Dupuis, surtout celles qui travaillent dans le traitement des déchets où nous avons été les premiers à y travailler. Nos choix se sont avérés payants ».

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Pour plus d’information :

rendez-vous vers le site du CNEI : www.cnei.org
et pour en savoir plus sur les chiffres de l’IAE, voir le site de la DARES qui vient de publier une étude sur le secteur en 2010 : http://travail-emploi.gouv.fr