Les crèches associatives : un modèle économique performant ?

30/06/2016 Brèves
Observation et promotion de l'ESS

Une douzaine d’associations et de fédérations dont l’UNIOPSS, l’ACEPP, l’UNA et l’UNAF s’appuient sur une étude de la Caisse nationale d’allocations familiales pour valoriser la performance économique du modèle associatif dans la gestion de crèches.

Selon un communiqué signé par une douzaine d’organisations engagées sur le secteur de la petite enfance, une étude de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) « démontre que le modèle de gestion des crèches par les associations est à la fois économe, compétitif et qualitatif ». L’étude en question, publiée en mai dernier vise, en effet, à établir les « déterminants des coûts de fonctionnement des crèches » qu’elles soient publiques, associatives ou lucratives.

Selon cette étude, le prix de revient de l’heure dans un Établissement d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE) associatif s’élève à 9,25 euros, contre 10,64 euros pour une crèche publique et 11,54 euros pour une crèche privée lucrative. Pour autant, le coût du personnel n’est pas moins élevé dans une association (6,83 euros/heure) que dans une crèche lucrative (6,52 euros/heure). En revanche ce poste qui représente en moyenne les trois quart des coûts d’une crèche est beaucoup élevé dans le secteur public (9,28 euros/heure).

Trois variables du prix de revient

La CNAF évoque trois variables pour expliquer ces variations de prix de revient dont la principale est le statut juridique de l’EAJE (11 % de la variance du coût) ce qui permet aux signataires du communiqué de valoriser leur modèle. Mais, selon la CNAF, l’interprétation de cette variable « peut être complexe en mériterait d’être approfondie par des travaux ultérieurs. Si l’ancienneté des salariés dans le public peut expliquer le surcoût du personnel, l’étude n’a pas permis de discriminer tel ou tel statut en fonction du taux d’encadrement ou du taux d’absentéisme ».

Les deux autres variables mises en avant par l’étude, concernent l’optimisation du taux d’occupation de l’établissement, c’est-à-dire l’adéquation entre le personnel mobilisé et le nombre d’enfants accueillis tout au long de l’année (6.4% de la variance des coûts) et l’externalisation d’un certain nombre de fonctions comme la restauration, le nettoyage… (6.1% des écarts entre les coûts de fonctionnement des trois modèles économiques). Les auteurs de l’étude concluent par une ellipse dont chaque modèle pourra sûrement retirer les éléments qui leur sont positifs : « Si les facteurs explicatifs des coûts de fonctionnement sont variés, les marges de manœuvre des EAJE pour réduire les coûts sont diverses et différentes selon les établissements. En effet, s’il faut garantir l’efficience de la gestion, il convient aussi de garantir la qualité de l’accueil et la soutenabilité de l’exercice ».

 

 

crédit photo : Anne-Sophie Mauffré