La Nef devient officiellement la première banque éthique française

Les sociétaires de La Nef viennent de valider la transformation de la Nef en banque. La première banque éthique est née et endosse une vocation de transformation sociale à travers un rapport à l’argent qu’elle veut différent. 

Les sociétaires de La Nef viennent d’impulser un tournant majeur de son histoire en votant en faveur de sa transformation en établissement bancaire. L’aboutissement d’une ambition formulée depuis sa création il y a plus de 25 ans.

La Nef devient donc la première banque éthique. Elle profite ainsi de l’évolution de la réglementation européenne réformée suite à la crise de 2008. C’est également le fruit d’une active campagne de plaidoyer  menée avec ses partenaires italiens et espagnols (La Banca Popolare Etica en Italie et FIARE en Espagne).

En tant que « société financière », La Nef ne pouvait proposer jusque là que des comptes d’épargne « à terme » (24 mois minimum) via son partenariat avec le Crédit coopératif. Elle pourra désormais gérer elle-même ses fonds et offrir toute la palette de services d’une banque classique (comptes courant, cartes bancaire, etc.), tout en garantissant l’utilisation des placements à des fins éthiques et solidaire de manière transparente.

Pour une économie centrée sur « l’être et non sur l’avoir ».

La création de cette banque éthique permet d’entrevoir une alternative très concrète aux pratiques financières telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Son concept est en effet fondé sur trois principes clefs : une gouvernance participative, la transparence et l’éthique, la transformation sociale par le rapport à l’argent. Trois critères scrupuleusement appliqués par La Nef aujourd’hui avec la mobilisation active de ses sociétaires, ses rapports d’activités ouverts et ses fonds labélisés par Finansol. Elle propose également à ses clients de choisir l’utilisation que la banque fera de leur argent.

La Nef souhaite ainsi profondément changer notre rapport à l’argent. En incitant ses épargnants à agir, non seulement pour leurs propres intérêts, mais aussi pour ceux d’autres personnes et pour la préservation du bien commun ;  elle souhaite recentrer l’économie sur l’être davantage que sur l’avoir.

La  notion d’éthique revendiquée par La Nef dépasse donc largement le cadre de référence usuel des « placements éthiques » qui écartent simplement certains secteurs comme les armes ou le tabac. Ses fonds sont exclusivement dédiés au développement d’entreprises à fort impact social, écologique ou culturel.

Le sursaut provoqué par la crise de 2008 a permis à la Nef de faire progresser son nombre d’ouvertures de comptes et de produits bancaires de 10 à 15 %.

Reste un enjeu majeur pour cette banque d’un nouveau genre : convaincre le grand public, en dehors du cercle des militants, que lui confier son argent est porteur de sens et de transformation sociale.