Hugues Vidor : pour un dialogue social approfondi jusque dans les régions

28/01/2016 Focus
Observation et promotion de l'ESS

Dialogue social dans l’ESS, mobilisation des employeurs de l’ESS face à la radicalisation, reconnaissance institutionnelle de l’UDES, conventions collectives… Hugues Vidor, président de l’UDES développe les enjeux de son mandat et annonce la signature prochaine d’un accord collectif sur l’égalité femmes hommes.

En ce début d’année 2016, l’actualité de l’UDES illustre la continuité que souhaite incarner Hugues Vidor, son président de l’UDES depuis le 20 novembre 2015. Deux mois après son investiture, Hugues Vidor, annonce la signature imminente d’un accord sur l’égalité femme homme dans l’ESS avec les organisations syndicales. Cet accord est le prolongement direct de la déclaration commune adoptée en mars 2015, alors qu’il était vice-président en charge du dialogue social : «  le conseil d’administration de l’UDES a validé le texte, il est maintenant sur la table des organisations syndicales de salariés, et des organisations d’employeurs. Sous réserve d’une signature de leur part – mais les signaux sont positifs – le contenu de l’accord devrait être officialisé fin février. »

Sur le champ du dialogue social Hugues Vidor avait, dès le mois de décembre, annoncé sa volonté de voir se déployer dans chaque région un Espace régional de dialogue social. Si la négociation restera l’apanage de l’échelon national, ces ERDS seront un lieu « de concertation sur des sujets tel que la GPECT, la qualité de l’emploi, ou les mobilités professionnelles ».Deux ERDS existent déjà en Rhône-Alpes et en Bretagne et leur déploiement devrait s’en trouver facilité, maintenant que l’UDES est aujourd’hui dotée de délégations dans les 13 régions métropolitaines.

Au niveau national, l’UDES discute d’une feuille de route avec les syndicats de salariés pour les deux années à venir. La qualité de vie au travail, le handicap, l’adaptation du travail à l’ère du numérique et les problématiques post-attentat, devraient être les quatre axes d’action.

L’UDES mobilisée face au terrorisme

Pour l’UDES, la question de la mobilisation du monde économique face au terrorisme et au phénomène de radicalisation religieuse pourrait donner l’occasion à l’ESS d’afficher sa singularité.  « Nous sommes en relation directe avec les quartiers, les politiques de prévention, d’insertion (…) Prenez les centres sociaux, ils sont en première ligne sur les questions de radicalisation. » De fait, l’UDES a été intégrée à la commission mise en place par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dont l’objectif est de concevoir un guide sur le traitement du fait religieux à destination des entreprises. « Nous préférons parler de laïcité plutôt que de fait religieux, précise Hugues Vidor. Le fait religieux est pour nous restrictif (…) Le rôle de l’économie sociale est de véhiculer un modèle démocratique, républicain, d’inclusion sociale, un modèle de non discrimination car c’est l’un des pièges dans lesquels pourraient nous entraîner les terroristes ».

La longue route de la reconnaissance

La présence de l’UDES au sein de cette commission ministérielle aux côté des principales organisations d’employeurs est un nouveau signe de la progression de la reconnaissance institutionnelle des employeurs de l’ESS. Toutefois, une reconnaissance pleine et entière n’est pas encore atteinte. L’UDES est toujours en attente des décrets qui établiront son entrée au sein Haut conseil au dialogue social (HCDS) ou encore de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC) : « Mme El Khomri nous a indiqué mi-janvier que nous aurions des réponses positives sur ce sujet d’ici quelques semaines. Nous restons en attente et nous serons très vigilants pour que ces annonces soient suivies d’effet. »

La représentation de l’UDES au sein de la CNNC revêt une importance particulière au moment où l’Etat a fixé l’objectif de réduire de moitié le nombre de conventions collectives d’ici trois ans. La position de l’UDES sur ce sujet est claire : « Le dynamisme dont font preuve l’ensemble des branches professionnelles au niveau de l’UDES est pour nous un élément qui montre qu’il n’y a pas matière à revoir le périmètre. Maintenant, si des branches professionnelles émettaient le souhait de se rapprocher dans un souci d’efficience, il est évident que l’UDES accompagnera ces mouvements en interne pour que ces rapprochements soient possibles. »

Préparer la campagne présidentielle

Un autre chantier va occuper l’UDES : l’élection présidentielle de 2017. Un Livre blanc a été mis en réflexion afin de peser auprès des candidats. Hugues Vidor en profite pour réaffirmer la volonté de son organisation « de travailler avec l’ensemble des acteurs de l’économie sociale. Que ce soit au sein de la Chambre française de l’ESS, du Conseil supérieur de l’ESS, nous souhaitons développer un dialogue avec ceux qui sont en charge du dialogue  civil : le mouvement associatif, mutualiste ou coopératif. » L’UDES s’est par exemple associée au Mouvement associatif pour lancer un travail sur l’évolution des modèles socio-économiques des associations. Une façon, selon le président de l’UDES, de « rendre réellement visible le rôle économique de l’ESS. Il faut encore convaincre que les politiques de solidarité ne sont pas une charge mais un investissement. L’action de l’économie sociale n’est pas seulement curative, elle est aussi préventive. Elle évite des coûts cachés ce qui est source d’économies pour l’Etat. »