Face à la révolution du travail, l'Udes renforce sa coopération avec Pôle emploi

14/03/2017 Brèves
Observation et promotion de l'ESS

A l’invitation de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Comité d’orientation des retraites a analysé le niveau d’exposition des métiers de l’ESS à la révolution numérique. Une étude inédite au moment où l’Udes renforce son partenariat avec Pôle emploi.

L’emploi de l’ESS fait bonne figure. Il a augmenté en volume malgré la crise et le renouvellement du fait des départs à la retraite va s’accélérer dans les prochaines années avec 100 000 départs dès 2017 et 700 000 d’ici 2025. Mais qu’en est-il de sa résilience face à la révolution du travail ? Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Comité d’orientation des retraites (COE) s’est penchée sur la question lors d’une matinée organisée par l’Udes à l’occasion de la signature d’une convention de partenariat avec Pôle emploi (voir ci-dessous). D’après l’étude du COE, 50 % de l’emploi total sera touché à terme par la révolution technologique. Mais plutôt que de se projeter vers une raréfaction du travail, elle évalue à 10 % la part des emplois « vulnérables », c’est-à-direexposés au risque de disparition du fait de l’automation des tâches et à 40 % la part de ceux dont « le contenu se trouvera profondément transformé ». Pour ce qui est des métiers de l’économie sociale et solidaire, l’étude du COE pointe deux métiers particulièrement touchés en se référant à l’enquête Conditions de travail de la Dares. 60 % des aides-soignant.e.s seront touché à terme par la révolution technologique (disparition ou évolution) et 96 % des salariés de l’aide à domicile et de l’aide ménagère. D’autres secteurs ont attiré l’attention du COE comme l’action sociale (10 % des emplois actuels pourraient disparaitre et 52 % devraient évoluer) ou encore les arts, spectacles et activités récréatives (3 % pourraient disparaître et 38 % devraient évoluer).

Ces chiffres illustrent bien l’une des conclusions de l’étude qui estime que l’ESS sera principalement touchée par une évolution du contenu des métiers du fait du numérique. Les emplois les moins qualifiés seront les plus exposés à une éventuelle disparition ce qui pose l’enjeu crucial de la formation et de la qualification. Pour le COE, la dynamique positive que connaît l’emploi de l’ESS devrait pouvoir tirer profit, pour se prolonger, de ces évolutions technologiques afin de faire émerger « de nouvelles activités et métiers , ainsi que de nouveaux modes d’organisation et de coordination porteurs de gains d’efficience, au niveau local notamment. »

Pôle emploi et Udes : horizon 2020

La convention de partenariat signée entre l’Udes et Pôle emploi pour la période 2017-2020, confirme, elle, l’objectif de rendre plus visible et identifiable l’opportunité que représente le gisement d’emplois dans les différents secteurs de l’ESS. Elle prend la suite d’un premier accord signé en 2009 et qui avait permis, entre autre, la diffusion auprès des conseillers Pôle emploi d’un guide « Trajectoires » sur les 70 métiers clés de l’ESS, le lancement en 2013 d’un portail web de l’emploi dans l’ESS, ainsi que la la mise en place d’un moteur de recherche permettant la valorisation des offres ESS de Pôle emploi. Parmi les éléments saillant de cette nouvelle convention on trouve :

  • Le développement de nouveaux outils de sensibilisation sur les potentialités d’emploi du secteur de l’ESS, mais aussi sur la spécificité des modèles entrepreneuriaux.
  • L’amélioration de la visibilité des offres ESS de Pôle emploi, notamment en les qualifiant mieux au regard du modèle d’entreprise (Association, coopératives…)

La convention prévoit par ailleurs des déclinaisons régionales à cette convention avec une dimension opérationnelle et une expérimentation, sur un territoire, d’une démarche de rapprochement entre entreprises de l’ESS et demandeurs d’emploi.