Etude Chorum : L’absentéisme augmente dans l’ESS

17/03/2016 Focus
Prévention et santé au travail

Augmentation des arrêts maladie de courte durée, progression de l’absentéisme quelle que soit la tranche d’âge ou d’ancienneté… L’édition 2016 de l’étude sur l’absentéisme dans l’ESS publiée par CHORUM dévoile ses chiffres portant sur l’année 2014.

Une progression lente, mais constante. Le taux global d’absence au travail dans l’ESS est passé en 2012 de 3,9 % (2012) à 4,3 % (2014)1. Si ce taux est légèrement inférieur à celui de l’ensemble du secteur privé (4,59 % en 2014 selon le baromètre Alma Consulting), l’un des faits marquants révélé par l’étude CHORUM est l’homogénéité de cette augmentation. Elle touche l’ensemble des classes d’âges des salariés, des plus jeunes aux plus âgés (à l’exception peut-être des salariés en fin de carrière), des salariés récemment embauchés aux plus anciens. Cette progression généralisée, couplée à l’augmentation des arrêts courts (moins de 7 jours) révèle une « dégradation de l’état de santé des salariés plus marquée dans l’ESS que dans le secteur privé lucratif », explique Emmanuelle Paradis, chef de projet Prévention Santé au travail chez CHORUM : « en filigrane, cette hausse [des arrêts courts] est représentative d’une aggravation des facteurs de risques psychosociaux ». En 2014, 40 % des salariés de l’ESS ont été arrêtés pour maladie au moins une fois dans l’année.

Absentéisme et taille de l’établissement

L’étude 2016 confirme la corrélation entre taille de l’établissement et niveau de l’absentéisme. Plus une structure compte de salariés, plus le taux d’absentéisme est élevé. A l’inverse, les petites associations sont les moins touchées – et ce sont aussi elles qui affichent une meilleure qualité de vie au travail (Baromètre CHORUM qualité de vie au travail dans l’ESS). « Le rapport au travail n’est pas le même dans les petites et les grandes structures », déduit Emmanuelle Paradis. Cette clef de lecture permet de mieux comprendre les disparités entre certaines branches professionnelles. Le taux d’absentéisme est ainsi très faible dans l’animation (1,8%) ou le sport (0,9%), où on retrouve de petites associations. Il est en revanche beaucoup plus élevé dans les secteurs de l’aide à domicile (6,5%) ou encore de la prise en charge du handicap (4,6%), qui comptent de gros établissements.

Un coût humain et économique

Les salariés de l’économie sociale et solidaire exercent des métiers dans lesquels ils s’impliquent, émotionnellement comme physiquement, peut-être plus que les autres. Cette implication forte est une source potentielle de risques à tous les niveaux, surtout dans un secteur où la pyramide des âges est vieillissante (41% des salariés ont plus de 45 ans). Or le coût de l’absentéisme est humain, bien sûr, mais également économique : au total, les coûts directs liés à ce phénomène pour l’ensemble du secteur privé s’élèvent à environ 45 milliards d’euros… et la facture atteint les 60 milliards si on y ajoute les coûts indirects (prévention, prévoyance, cotisations dédiées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles…) d’après le baromètre Alma Consulting.

Téléchargez la Synthèse de l’étude Absentéisme édition 2016

 

1 : L’étude absentéisme repose sur l’analyse des données anonymes issues du fichier adhérent de la mutuelle Chorum. Elle porte exclusivement sur les arrêts maladie, hors accident du travail et arrêt pour maladie professionnel ce qui couvre 90 % des motifs d’absence.
Le calcul du taux d’absentéisme repose sur le ratio entre le nombre de jours travaillés par l’ensemble des salariés de l’ESS et le nombre de jours d’arrêts enregistrés pour maladie. Autrement dit sur 100 jours de travail dans l’ESS, 4,3 n’ont pas été travaillé du fait de l’absence des salariés.