Emplois d’avenir : les associations bien engagées dans la formation

Le gouvernement s’est justement félicité de pouvoir annoncer 150 000 contrats d’avenir signés, avec un temps d’avance, en ce début d’automne. Parmi ces derniers, on en dénombre 33 % dans les associations et le dispositif de formation a bien démarré, notamment dans l’office public de l’habitat, l’animation et le sport.

S’il y a eu du retard à l’allumage pour les premières embauches de jeunes en emplois d’avenir, à la fin de l’année 2012, aujourd’hui, ce n’est plus le cas puisqu’avec 150 000 contrats signés avant la fin effective du lancement du dispositif (décembre 2014), dont 45 000 dans les associations, on peut dire que le pari est gagné. Le ministère du travail a d’ailleurs attribué une enveloppe complémentaire pour les emplois d’avenir, au mois de juin, afin de créer 45 000 postes supplémentaires.

 Un contrat respecté

Le programme emplois d’avenir demande aux employeurs et responsables des structures, qui embauchent des jeunes sans qualification et bénéficient dans le même temps d’une aide de l’Etat de 75 % pour la création d’un poste au Smic, de s’engager sur l’encadrement et la formation (voir ci-dessous). Après une année, on peut faire un premier bilan et constater que, si les jeunes sont employés majoritairement en CDD, cet effort de suivi et de formation est réel : il apparaît que les responsables associatifs et les OPCA ont mis en place des parcours de formation bien construits en cohérence avec les besoins actuels et prospectifs de leur secteur d’activité, tout en cherchant les financements, qui n’étaient pas toujours accessibles facilement.

C’est vrai, en tous les cas, pour certaines branches professionnelles « qui se démarquent, dans leurs engagements de formation », observe Valérie Lamour, responsable des projets à Uniformation. Parmi les cursus que propose l’OPCA de l’ESS, qui a accueilli 7 400 stagiaires, 23 %, relèvent de l’aide à domicile 19 % de l’animation et 11 % de l’office public de l’habitat. Le volume d’heures moyen des cursus s’élève à 215 heures.

L’implication des régies de quartier

L’exemple des régies de quartier, des structures d’insertion qui emploient principalement des personnes sur des postes de gestion urbaine de proximité, atteste précisément de cette implication. Ainsi témoigne Zinn-Din Boukhénaissi, délégué général des régies de quartier, nous sommes aujourd’hui à plus de 400 contrats emplois d’avenir signés, et espérons d’ici la fin de l’année en avoir signé 500. C’est moins que ce que nous espérions, mais au démarrage, nous avons eu des difficultés avec les Direccte qui voulaient minorer la subvention de 47 % de l’Etat, prévue pour les entreprises d’insertion dans le cadre des embauches de jeunes en emplois d’avenir ».

De nouveaux métiers d’avenir ?

Les postes occupés par les jeunes en emploi d’avenir, qui sont en moyenne entre trois et quatre dans chaque structure, relèvent des missions classiques effectuées par les régies, maintenance des immeubles, entretien d’espaces publics. Mais aussi de nouvelles activités d’utilité sociale, il s’agit par exemple de sensibiliser les habitants aux questions énergétiques, à la collecte et au tri des déchets et ainsi créer de nouveaux métiers liés au développement durable.

Un volume d’heures conséquent

Sur le volet formation, « nous sommes satisfaits, relate Zinn-Din Boukhénaissi, nous avons mis en place des formations d’adaptation au poste de deux jours à une semaine, les Direccte ont mobilisé les crédits et Uniformation a bien joué le jeu, ils ont entre autres facilité l’avancée de nos demandes financières auprès des conseils régionaux pour la prise en charge des cursus de formation. Mais nous sommes aussi très fiers parce qu’un emploi d’avenir sur trois suit une formation qualifiante de 200 à 400 heures, ce qui correspond à un vrai effort des responsables des régies en termes d’organisation ». Les régies de quartier espèrent bien qu’un certain nombre de ces postes pourront être pérennisés, notamment ceux concernant l’environnement.

Des parcours longs

Du coté de la fédération nationale Profession Sport-loisirs, on affiche également de bons résultats : en 2013, 526 jeunes ont été embauchés en emplois d’avenir, dont 389 dans le sport et 73 dans l’animation. Ce sont les CDD qui prédominent, avec 41 % de contrats à durée déterminée de trois ans, contre 25 % de CDI. Les parcours de formations ? « Ils ont été conçus le plus souvent pour dix-huit mois (de 600 à 800 heures) avec des aménagements de temps de travail, relate Nicolas Verdon, président de la fédération Profession Sport-loisirs. Par exemple, on peut commencer par une formation au BAPA, puis ensuite préparer le BPJEPS (brevet professionnel jeunesse éducation populaire, sport), qui amène au métier d’éducateur sportif, à l’animation socio-culturelle, etc. 48 % des jeunes préparent ce brevet, et peuvent en même temps, s’ils le souhaitent, suivre une formation sur une spécialité qui les intéresse avec à la clé un certificat de qualification professionnelle ». D’autres suivent des formations de secrétariat, d’entretien d’équipements… Et pour les jeunes les plus en difficulté, 25 % des personnes en emploi d’avenir dans le secteur n’ont pas de diplôme, des formations préqualifiantes ont été mises en route.

A l’issue des contrats en emplois d’avenir, que va-t-il se passer ?   « Nous travaillons à la pérennisation de ces postes et nous nous orientons vers un système d’emplois mutualisés, notamment par des formules de groupements d’employeurs ».

 Le programme emplois d’avenir

Les emplois d’avenir permettent à des jeunes de 16 à 25 ans sans diplômes ou titulaires d’un CAP/BEP, sans emploi, ni en formation d’obtenir un contrat emploi d’avenir en CDI ou en CDD, rémunéré au Smic (75 % sont pris en charge par l’Etat pendant trois ans) avec un engagement de l’employeur à encadrer et former le jeune pour qu’il soit qualifié à la fin de son contrat en emploi d’avenir.

En savoir plus : consultez notre Hors-Série « Faire des emplois d’avenir des emplois de qualité »

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