Economie sociale et solidaire : le défi des emplois d’avenir

Le ministre délégué à l’ESS, Benoit Hamon a confié une grande mission au secteur : être moteur dans le dispositif des emplois d’avenir, en recrutant, avec les Missions locales et Pôle emploi, en formant et qualifiant avec les OPCA des jeunes peu ou pas qualifiés, et en pérennisant au sein des associations ces postes. Les résultats fournis par l’enquête du Crédoc sur les besoins de main d’œuvre peu qualifiée dans l’ESS, présentés lors du rendez-vous de lancement des emplois d’avenir et l’ESS, le 29 janvier au ministère de l’Economie et des Finances, évaluent un potentiel d’emplois annuels de 114 000 emplois d’avenir. Une perspective optimiste, confortée par la note du CAS (Conseil d’analyse stratégique), présentée à cette occasion, qui pourrait se réaliser, selon l’étude, essentiellement autour de 20 métiers dans les associations d’action sociale et mutuelles du livre III. Mais, observe l’étude du Crédoc, des inquiétudes existent, le secteur associatif est fragilisé en raison de problèmes de financement. Ce qui n’est pas le cas des mutuelles d’action sociale, même si elles connaissent aussi des difficultés.

Lors de cet événement, l’Usgeres (Union des employeurs de l’économie sociale) lançait également le portail de l’emploi de l’ESS où les demandeurs d’emploi peuvent trouver des offres d’associations, de mutuelles et de coopératives. Un projet qui s’inscrit dans un partenariat avec Pôle emploi et le ministère de l’ESS (CHORUM a soutenu dès le départ ce projet) et qui concourra très certainement au recrutement des jeunes en emplois d’avenir. A cette occasion, ont été signées et annoncées les signatures de nombreuses conventions entre des fédérations associatives, les OPCA du secteur et les pouvoirs publics pour faire vivre des « parcours d’avenir » dans les associations, tandis que le ministère annonçait que 4 000 postes avaient été créés.

Une réelle opportunité

Toutefois, de nombreuses associations sont dans une phase délicate. Comment ces structures pourront-elles faire face au suivi des jeunes ? Trouveront-elles des tuteurs pour les accompagner ? Auront-elles le temps de former les jeunes peu ou pas qualifiés alors même que les employeurs croulent souvent sous de nombreuses tâches ? L’enquête du groupe d’experts Recherche et solidarités révèle de l’inquiétude chez les responsables associatifs, comme celle du Crédoc, mais aussi, il est vrai de l’enthousiasme à mettre en œuvre des parcours pour des personnes peu qualifiées. Pour de nombreux employeurs interrogés, cet objectif fait partie intégrante des missions des associations.

Si les emplois aidés, courts, n’ont pas toujours su remplir leur mission d’insertion, selon le dernier rapport de la Cour des comptes, la durée de trois ans des emplois d’avenir ne peut qu’être favorable à l’employabilité. Le pari est donc là et l’ESS est consciente de l’opportunité créée dans une période de besoin de renouvellement des effectifs. Elle semble vouloir s’en saisir.

Hors-Série FIL CIDES N°3 « Faire des emplois d’avenir des emplois de qualité »

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