Décrypter le présentéisme

Dans le numéro de mars/avril 2014 de sa revue Travail & Changement, l’ANACT s’intéresse au présentéisme. Pleins feux sur un phénomène relativement mal connu et peu exploré, présenté comme « une autre face de l’épuisement professionnel ».

Qui n’a jamais entendu parler d’absentéisme ? Le présentéisme n’est pas son pendant positif, mais bien un sujet de préoccupation tout aussi important – bien que moins étudié en France. De quoi s’agit-il exactement ? Quels en sont les indicateurs et les manifestations ? L’Anact propose de défricher et de comprendre ce concept émergent pour mieux réfléchir au contenu du travail.

Déceler le présentéisme

« Dépasser ses horaires en permanence, travailler le soir et le week-end, ne pas prendre ses congés, venir au travail même malade… autant de signes du présentéisme. La présence excessive au travail est un symptôme de dysfonctionnements qu’il faut apprendre à décrypter »,  annonce le début de l’article, qui soulève la question suivante : en entreprise, « maintenir une culture de la présence excessive est-il un problème de prévention ou le reflet d’exigences normales pour maintenir et développer la compétitivité ? » Les conséquences sont multiples, et qu’elle conduise au burn out, à un zèle excessif ou à simplement faire « acte de présence », cette incapacité à lâcher prise s’avère un réel danger tant pour le salarié que pour l’entreprise.

Un coût plus élevé que l’absentéisme

La santé du salarié est au cœur de la question du présentéisme, qui peut être défini comme le fait d’être volontairement présent au travail malgré la maladie. Au-delà de la contre-productivité des salariés épuisés, le coût du présentéisme, phénomène pourtant difficile à mesurer, est évalué à une fois et demie supérieur à celui de l’absentéisme. Ce n’est donc pas du tout la solution pour améliorer la compétitivité

Un fléau de l’ère numérique ?

Au-delà d’une compétitivité accrue par la conjoncture économique actuelle, les spécialistes soulignent le rôle important joué par le numérique dans la difficulté à couper le lien avec la vie professionnelle. Être toujours connecté, joignable efface les frontières et repousse les limites, permettant une intrusion du professionnel dans la vie privée.

A travers des exemples concrets (politiques de la SNCF ou de Maviflex, système des 12 h… ), ce numéro de Travail et changement propose une analyse fine et un éclairage nécessaire sur cette question. Pour le feuilleter en ligne, cliquez ici