Bratislava, au coeur de l’ESS européenne les 30 novembre et 1er décembre

22/11/2016 Vu d'Europe
Observation et promotion de l'ESS

Dans le cadre de la présidence Slovaque du Conseil de l’Union européenne, une grande conférence sur l’économie sociale aura lieu à Bratislava, les 30 Novembre et 1er Décembre prochain. À cette occasion sera présenté publiquement le Rapport général 2016 du Groupe d’Experts de la Commission européenne sur l’Entrepreneuriat Social (Geces).

La Slovaquie accueillera à la fin du mois un évènement majeur consacré à L’économie sociale comme clé de réponse aux défis sociétaux actuels. Un an après la conférence luxembourgeoise de décembre 2015 Booster les entreprises de l’économie sociale en Europe, elle s’inscrit dans la continuité d‘une prise en compte du sujet par l’Union européenne.

Cette conférence donnera lieu à la présentation officielle du Rapport général 2016  du Groupe d’expert de la commission européenne sur l’entrepreneuriat social (Geces) , par son rapporteur général Denis Stokkink, le Président du Think & Do Tank Pour La Solidarité (PLS). Le Geces est un groupe consultatif mis en place par la Commission depuis 2012 et jusqu’à 2017, dans le cadre de l’Initiative pour l’Entreprenariat Social  . Il est composé de 70 experts représentant les États membres, les collectivités locales, les organisations d’entrepreneurs sociaux mais aussi le secteur bancaire, financier et académique.

Le Rapport général 2016, sur lequel travaillent les membres depuis septembre 2015, représente le premier résultat concret de cet organe. Son objectif est d‘asseoir l’influence de l’économie sociale et de proposer une série de recommandations visant à profiter pleinement du potentiel des entreprises de l’économie sociale. Dans la version finale du document, le Geces adopte une position forte : l’économie sociale détient les clés pour transformer en profondeur l’environnement socio-économique européen, les entreprises du secteur représentent une nouvelle façon de faire des affaires. Elles ne sont pas simplement là pour compléter le paysage économique actuel.

Les recommandations du Rapport général du Geces

Ces recommandations et les mesures concrètes liées seront approfondies à l’occasion de diverses tables-rondes  abordant quatre objectifs centraux :

  • Affirmer l’identité de l’économie sociale en soutenant sa place dans les politiques publiques, en faisant fructifier la collaboration au sein de cette communauté et en mettant en valeur les plus-values de l’économie sociale comme atout pour les entrepreneurs mais aussi pour les administrations publiques et les citoyens.
  • Développer un écosystème financier européen spécifique à l’économie sociale, capable de fournir un support efficace pour l’innovation sociale.
  • Construire un cadre juridique réglementaire adapté pour les entreprises de l’économie sociale européennes afin de dresser une définition stricte de leurs missions et activités et d’offrir des opportunités en matières d’allègement fiscal, de soutien ou d’accès aux marchés publics.
  • Engager l’Europe dans le soutien de l’économie sociale au niveau mondial, en particulier dans le cadre des objectifs de développement durable de l’ONU.

Fort de leur expérience, les experts du Gecesinsisteront notamment sur la capacité des entreprises de l’ESS à créer des emplois de qualité, lutter contre l’inclusion sociale, intégrer les migrants et réfugiés dans la société ou renforcer l’économie locale.

En parallèle, le rapport général entend susciter l’attention des institutions européennes afin que les intérêts de l’économie sociale soient systématiquement pris en compte dans ses futurs travaux.

La présidence slovaque encourage à aller plus loin

Travaillant de façon complémentaire avec les rédacteurs du rapport général, le gouvernement slovaque a tenu à mettre sur la table d’autres sujets qui seront également abordés :

  • Utiliser l’économie sociale comme outil de développement régional afin de soutenir des emplois non délocalisables portés par des acteurs locaux répondant aux besoins des habitants.
  • Accroître la croissance durable des entreprises de l’économie sociale  par le recours aux Fonds structurels européens ou l’intégration de clauses sociales dans les règles relatives aux marchés publics dans le but de favoriser les entreprises sociales.
  • Aider à la création d’entreprises de l’économie sociale en échangeant sur les bonnes pratiques en la matière, de la formation d’une Start-up dans une pépinière d’entreprises au recours à un financement alternatif.

Afin de consolider cette collaboration, les États membres seront invités par le gouvernement slovaque à signer une déclaration commune sur l’économie sociale, qui sera notamment reprise lors de la réunion du prochain Conseil EPSCO (Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs)  en décembre. Bratislava est également sur le point d’entériner une loi sur l’économie sociale applicable à l’intérieur du pays.

Outre le Premier ministre slovaque Robert Fico, 6 États membres seront représentés (France, Chypre, Slovénie, Luxembourg, Pologne et Grèce). Au niveau européen, les commissaires Elzbieta Bieńkowska (Marché intérieur, Industries, Entrepreneuriat et PME) et Marianne Thyssen (Emploi et Affaires sociales), qui présentera une nouvelle communication de la Commission comprenant des réponses au Rapport général du Geces, ainsi que le président du Comité économique et social européen, George Dassis, seront présents.

Dans un contexte de montée des extrémismes, de précarité économique et de méfiance grandissante du public envers les institutions, le retour vers les valeurs fondatrices de l’Union tels que la démocratie, l’égalité et la solidarité est essentiel. Basé sur ces mêmes principes, les entreprises de l’économie sociale viennent se proposer comme une alternative aux entreprises traditionnelles dans un objectif d’amélioration du bien-être collectif.