Baromètre national sur la qualité de vie au travail dans l'ESS 2017 : La situation se dégrade

07/03/2017 Focus
Observation et promotion de l'ESS

Trois ans après la la 1ère édition, la mutuelle Chorum publie l’édition 2017 du baromètre national sur la qualité de vie au travail dans l’ESS. Avec cette deuxième édition, c’est donc la première fois que le secteur de l’ESS peut analyser l’évolution de la qualité de vie au travail des salariés et dirigeants. Depuis 2013, la qualité de vie au travail (QVT) s’est légèrement dégradée, ce qui n’entame pas pour autant l’attachement des salariés et dirigeants à leur secteur.

C’est le 7 mars à l’Opéra Bastille que la mutuelle Chorum a rendu public les résultats de l’édition 2017 du Baromètre national de la qualité de vie au travail dans l’ESS. L’enquête réalisée avec l’appui technique de l’Institut de sondage CSA a recueilli les réponses de 6246 salariés et dirigeants de l’ESS. Voici un aperçu des principaux enseignements avant d’en lire la synthèse :

Un sentiment de dégradation de la QVT mais un attachement au secteur toujours prégnant

En 3 ans, la note de qualité de vie au travail dans l’ESS qui s’élevait à 6,3/10 pour les salariés et 7,4/10 pour les dirigeants passe à 6,1/10 et 7,2/10. Parmi les facteurs de dégradation évoqués par les salariés, se trouvent les changements d’organisation (51%) et la reconnaissance des compétences (33%). Concernant les dirigeants, les relations avec les pouvoirs publics/les financeurs (48%), et l’évolution des moyens humains et financiers (42%) sont considérés comme des facteurs de dégradation de la QVT.

Toutefois, l’attachement au secteur en lien avec le sens et l’utilité du travail est toujours présent avec 83% de salariés et 94% de dirigeants qui souhaitent continuer à travailler dans l’ESS. La satisfaction sur le contenu du travail est largement plébiscitée pour 76% des salariés et 93% des dirigeants malgré une évolution à la baisse de 4 points pour les salariés. L’utilité au travail est un autre élément positif partagé par les répondants : 88% des salariés et 95% des dirigeants se sentent respectés et reconnus (contre 83% et 90% en 2013) par les bénéficiaires/public/adhérents/clients.
En outre, parmi les nouvelles thématiques abordées par cette 2ème édition, se trouve la question de la fierté : 73% des salariés et 93% des dirigeants sont en effet fiers de travailler dans leur structure.

Une perception positive de l’ambiance et un soutien managérial en progression

L’ambiance de travail est jugée bonne pour 78% des salariés et 94% des dirigeants. A cela s’ajoute un soutien managérial satisfaisant et en nette progression : 64% de salariés (contre 56% lors de la 1ère édition) disent recevoir un soutien satisfaisant de la part de leur encadrant dans des situations difficiles.

Des points de vigilance sur l’organisation et l’environnement du travail

Charge de travail (50%) et pression (53%) sont toujours ressenties par une majorité de salariés. Quant aux dirigeants, ils connaissent une légère baisse de ces indicateurs : 53% estiment effectuer une charge de travail excessive (contre 59% en 2013) et 65% se disent constamment sous pression (contre 73% en 2013).

L’environnement de travail pèse aussi sur le ressenti de la qualité de vie au travail : avec 30% des salariés (23% en 2013) et 18% des dirigeants (16% en 2013) qui ressentent des douleurs articulaires dans le travail, le constat est à la hausse. En lien avec une présence marquée des métiers d’accompagnement du public dans le secteur de l’ESS, plus de la moitié des salariés et dirigeants sont affectés par des comportements et discours agressifs de la part des bénéficiaires/clients (61% des salariés et 62% des dirigeants).

Fusions et changements organisationnels : des contextes peu rassurants

Malgré des chiffres globalement positifs, les salariés sont peu rassurés par le contexte de fusion et les changements organisationnels. Les fusions ou regroupements ont eu un impact négatif sur le travail pour 47% des salariés et 26% des dirigeants : le manque d’informations sur les changements et évolutions impactent directement la QVT. Les salariés, qui apparaissent plus touchés dans leur activité que les dirigeants sont d’ailleurs ceux qui ont le moins confiance en leur avenir professionnel : seulement 56% d’entre eux partagent un ressenti positif (52% des non cadres et 64% des cadres).

Le numérique : une appréciation positive à nuancer

88% des salariés et 95% des dirigeants déclarent que le numérique a un impact positif sur leur qualité de vie au travail. Quelques points de vigilance sont cependant à prendre en compte comme le stress (ressenti par 17% de salariés et 18% de dirigeants) et la pression (16% de salariés et 20% de dirigeants).

Quelles attentes ?

Pour les salariés, les échanges sur le travail et le soutien du manager sont au cœur de la qualité de vie au travail. Quant aux dirigeants, les moyens matériels et la pression temporelle ressortent comme deux priorités d’action pour améliorer la qualité de vie au travail.

Vous pouvez revoir l’ensemble de la journée de conférence (présentation des résultats, tables-rondes, conteur, comédiens, musicien…) ici !