Associations de solidarité, quelles coopérations ?

Une étude du LEST-CNRS réalisée en partenariat avec l’Uriopss Languedoc-Roussillon et PACA analyse les coopérations à l’œuvre dans les associations du secteur social et médico-social dans ces deux régions du sud de la France. Un mouvement de reconfiguration en cours, qui semble fécond.

L’étude qu’ont menée de concert deux Uriopss et le Lest-CNRS sur les associations de solidarité et leurs pratiques de coopération dans deux territoires, Languedoc Roussillon et PACA, est construite à partir de dix études de cas de coopération dans plusieurs secteurs d’intervention du social et du médico-social. Vingt quatre entretiens ont été réalisés avec des dirigeants salariés et bénévoles engagés dans ces expériences.

Des rapprochements pluriels

L’étude souligne une réalité très hétérogènes : les coopérations peuvent être d’ordre socio-politiques, socio-professionnelles ou socio-techniques et socio-économiques. Preuve de la capacité des associations à se saisir d’outils règlementaires souvent perçus comme rigides. Mais, les frontières entre ces coopérations sont poreuses, « les associations peuvent passer d’une forme de coopération à une autre en fonction de leurs projets et objectifs… Elles peuvent constituer différentes étapes d’un processus de rapprochement, qui n’est pas forcément linéaire »

Mieux répondre aux besoins sociaux

Le territoire administratif, le département est l’espace le plus propice à la coopération intersectorielle, parce que les associations sociales, médico-sociales et de solidarités en dépendent aujourd’hui. Mais les logiques de ces rapprochements vont parfois au-delà : elles peuvent être plus transversales et combiner des approches territoriales plus larges et « être le support de nouveaux arrangements productifs orientés vers l’amélioration de la prise en charge de besoins sociaux ». Autre aspect de ces coopérations, travailler ensemble en raison de proximité de valeurs ou de « normes communes ».

Un renouvellement démocratique

Les coopérations observées font apparaître un renouveau du projet associatif et du mode de gouvernance. Les auteurs de l’étude soulignent que les nouveaux modes de gouvernance des ces structures communes s’inspirent du mode de fonctionnement associatif, veulent « préserver » un fonctionnement égalitaire. Et plus encore renforcent « leur fonction tribunitienne de participation à la production de l’intérêt général ».

S’approprier le rapprochement

In fine, l’étude des Uriopss Languedoc-Roussillon, Paca et du Lest-CNRS incite les associations de solidarité à mener des coopérations qui s’inscrivent dans des processus longs afin que les protagonistes s’approprient le rapprochement. « La croissance à tout prix, à travers des processus de fusion n’est donc pas la seule voie possible pour faire face aux évolutions du contexte institutionnel ».

Etude : « Associations de solidarité et nouvelles pratiques de coopération sur les territoires. Etat des lieux, effets et enjeux ». Auteurs : Uriopss Languedoc Roussillon, PACA, Celine Marival, Francesca Petrella et Nadine Richez Battesti du Lest-CNRS.