A quoi servent l’épargne solidaire et les financements participatifs ?

).

Quels sont les montants de l’épargne solidaire ?

En 2012, l’encours de cette épargne, qui affiche tous les ans de bons taux de croissance franchissait les 4, 71 milliards d’euros. Un bon signe donc qui signifie un intérêt de plus en plus d’épargnants pour que leur argent soit utile socialement. Ces sommes se répartissent entre épargne salariale, épargne bancaire et prises de participation dans des entreprises. En regardant de plus près, le Baromètre de Finansol-La Croix publié en mai, le financement solidaire (le montant d’argent dédié à des structures de l’ESS, aux associations à des projets environnementaux, au logement, à des activités rurales et agricoles) atteint un milliard d’euros (1, 024 md), soit 16, 5 % de plus qu’en 2011.

A quoi sert l’épargne solidaire ?

Elle soutient principalement l’emploi, la solidarité internationale, le logement, l’environnement. En 2012, 12 000 entreprises ont été aidées ce qui a permis de créer ou consolider plus de 36 000 emplois. La plupart de ces emplois concernent des personnes en difficulté ; 4 400 personnes précaires ont pu être logées et bénéficier d’un accompagnement social. 4 000 ménages ont pu s’approvisionner en électricité renouvelable (éolien et solaire). Et 60 nouvelles exploitations agricoles respectueuses de l’environnement et bio ont été financées. Dans les pays en développement, ce sont environ 1 000 institutions de micro-finances qui ont pu prêter des petites sommes à plus de 20 millions de personnes, dont de nombreuses femmes.

Quels sont les types de moyens dont ont pu bénéficier ces initiatives ?

De dons, de prêts, des garanties d’emprunts ou des parts sociales dans des petites sociétés innovantes socialement et écologiquement pour prêter en quasi fonds propres aux associations.

Comment peut-on participer au financement solidaire ?

En plaçant dans l’épargne salariale solidaire (OPCVM), dans des fonds de commun de partage, en épargnant sur des livrets, ou en prenant des parts dans des entreprises sociales et solidaires. En choisissant parmi ces options, un particulier ou une institution (mutuelles, associations, etc.) peut prendre part à des financements de solidarité.

Pour approfondir le sujet, se rendre sur le site de Finansol, www.finansol.org ; on peut y télécharger notamment le « Baromètre de la finance solidaire ».

La croissance très rapide du crowdfunding

Le crowdfunding remporte des résultats inédits. Nouveau venu dans l’épargne solidaire, le crowdfunding passe par des plateformes sur internet qui lui sont dédiées. Le principe : collecter grâce aux TIC de l’épargne très rapidement tout en choisissant les projets que l’on veut soutenir en donnant, prêtant ou en investissant. Le succès est tel que la ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique Fleur Pellerin a organisé récemment des assises à Bercy tandis qu’une consultation est en cours jusqu’à la mi-novembre afin d’encadrer ces modes de financements et leur donner davantage de moyens d’agir. De son côté, la Caisse des dépôts et consignations vient de lancer à son tour au sein de la Banque publique d’investissement (BPI) une plateforme qui regroupe de nombreux opérateurs financiers du crowdfunding. Et le premier Prix de l’initiative en économie sociale de la Fondation Crédit coopératif a été décerné le 10 octobre à la plateforme Spear.

Quelques chiffres : 33 millions d’euros ont été collectés pour le premier semestre 2013, plus de 500 000 épargnants y ont pris part et presque 24 000 initiatives ont pu être financées. On comptait en 2012, 25 millions de collecte, 17 518 projets financés et 400 000 épargnants/investisseurs.

Quelques plateformes de financements participatifs

La plateforme de crowdfunding de la BPI, qui vient de voir le jour est destinée aux prêts, dons, investissements en actions et obligations. Elle réunit plusieurs opérateurs financiers, dont Babyloan Spear, Anaxago, FinanceUtile, Wiseed, Lumo, Touscoprod. Les fonds proviennent de particuliers qui investissent, prêtent ou font un don, en fonction des projets qui leur sont présentés et dont l’impact est répertorié en quatre grandes catégories, social, environnemental, culturel ou économique).

Les associations en se rendant sur la plateforme www.tousnosprojets.bpifrance.fr pourront y accéder et décliner leur demande de prêts ou de dons.

La plateforme Babyloan fait du prêt avec une demande de contrepartie très faible : www.babyloan.org.

La plateforme Cowfunding investit en complétant d’autres apports financiers. Spear (label Finansol) fait partie de ce regroupement et soutient des projets de l’Adie et dans des pays en développement : www.cowfunding.fr.

La plateforme My major Company investit et se met depuis peu à soutenir l’entrepreneuriat social. Elle réalise également des petits prêts : www.mymajorcompany.com.

La plateforme Babeldoor prête aux projets à forte plus value sociale : www.babeldoor.com.

La plateforme Kiss Kiss Bank investit et prête en soutenant des projets à plus value sociale : www.kisskissbank.org.

La plateforme Ulule investit et prête en soutenant des projets à plus value sociale : www.ulule.com.

D’autres plateformes existent. Elles drainent de grosses sommes d’argent et demandent des retours sur investissement importants. Elles s’apparentent aux Business Angels. Toutes les plateformes prennent de 5 à 12 % de commission.